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DES HISTORIENS AU SECOURS DU PATRIMOINE FUNÉRAIRE
(17 novembre 2003)
 

Radio-Canada Estrie
(Reproduit avec permission)


Une centaine d'historiens sont réunis récemment à Granby. Ils participaient au Colloque sur le patrimoine funéraire du Québec.
Les cimetières sont importants pour le patrimoine de notre société. Or le manque d'entretien, le vandalisme et le vol d'oeuvres d'art mettent en péril la mémoire de ces lieux de sépulture.

Les épitaphes, reflet d'une société
Les épitaphes des pierres tombales nous renseignent sur les habitants d'une société : leur histoire, leur mode de vie, leurs moyens financiers, leurs coutumes. Pour la Fédération des sociétés d'histoire du Québec, c'est une richesse inestimable.

Marc Riopel, directeur général de la Fédération des sociétés d'histoire du Québec, précise que la sauvegarde de ces monuments est «un respect qu'on porte à nos ancêtres et on veut conserver leur mémoire et leur présence parmi nous.»

Certains y prennent une position éditoriale
Des passionnés d'histoire se promènent de cimetières en cimetières, à la recherche du passé. Denise Caron, historienne, a toujours trouvé les cimetières intéressants : «Il y a des gens qui prennent une position éditoriale dans un cimetière. Ils disent qu'ils rejettent telle chose ou qu'ils acceptent autre chose. C'est étonnant! Mais c'est un lieu très vivant un cimetière!»

Vols, profanations et manque d'entretien menacent ce patrimoine
Malheureusement, le patrimoine funéraire du Québec semble menacé. Des cimetières sont laissés à l'abandon, et plusieurs cas de profanation sont rapportés chaque année, tout particulièrement dans la région de Montréal.

Mais il y a un problème encore plus criant. Les oeuvres d'art qu'on y retrouve ne reposent plus en paix : elles sont volées. Alain Tremblay, président fondateur de l'Écomusée de l'Au-delà, précise que certains bustes, oeuvres d'artistes comme Émile Brunet, Louis-Philippe Hébert ou Alfred Laliberté, peuvent valoir entre 30 et 40 000 dollars.

Plusieurs pistes de solution sont envisagées. Marc Riopel parle de vigiles citoyennes, «des gens qui vont surveiller les cimetières pour contrer le vandalisme ou organiser des colloques comme aujourd'hui.»

Le répertoire, un premier pas vers la sauvegarde
Mais avant tout, les cimetières de la province doivent être répertoriés. On estime qu'il y en a 1 000, peut-être même plus. Les oeuvres d'art qui s'y trouvent, elles, seraient au nombre d'un million.

Alain Tremblay explique que «Quand on sait même pas qu'est-ce qu'on a, comment on peut retrouver quelque chose qu'on sait pas qu'on s'est fait voler? La première étape, c'est un répertoire, pour connaître. On est rendu à cette étape là. On est encore loin d'une vraie sauvegarde des cimetières.»

Un tel répertoire coûterait 100 000 dollars. Une demande d'aide financière a été adressée au ministère de la Culture, mais elle est restée lettre morte.

 

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