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Radio-Canada
Estrie
(Reproduit avec permission)
Une centaine d'historiens sont réunis récemment
à Granby. Ils participaient au Colloque sur le patrimoine
funéraire du Québec. Les
cimetières sont importants pour le patrimoine de notre société.
Or le manque d'entretien, le vandalisme et le vol d'oeuvres d'art
mettent en péril la mémoire de ces lieux de sépulture.
Les épitaphes,
reflet d'une société
Les épitaphes des pierres tombales nous renseignent sur les
habitants d'une société : leur histoire, leur mode
de vie, leurs moyens financiers, leurs coutumes. Pour la Fédération
des sociétés d'histoire du Québec, c'est une
richesse inestimable.
Marc Riopel,
directeur général de la Fédération des
sociétés d'histoire du Québec, précise
que la sauvegarde de ces monuments est «un respect qu'on porte
à nos ancêtres et on veut conserver leur mémoire
et leur présence parmi nous.»
Certains
y prennent une position éditoriale
Des passionnés
d'histoire se promènent de cimetières en cimetières,
à la recherche du passé. Denise Caron, historienne,
a toujours trouvé les cimetières intéressants
: «Il y a des gens qui prennent une position éditoriale
dans un cimetière. Ils disent qu'ils rejettent telle chose
ou qu'ils acceptent autre chose. C'est étonnant! Mais c'est
un lieu très vivant un cimetière!»
Vols, profanations
et manque d'entretien menacent ce patrimoine
Malheureusement,
le patrimoine funéraire du Québec semble menacé.
Des cimetières sont laissés à l'abandon, et
plusieurs cas de profanation sont rapportés chaque année,
tout particulièrement dans la région de Montréal.
Mais il y a
un problème encore plus criant. Les oeuvres d'art qu'on y
retrouve ne reposent plus en paix : elles sont volées. Alain
Tremblay, président fondateur de l'Écomusée
de l'Au-delà, précise que certains bustes, oeuvres
d'artistes comme Émile Brunet, Louis-Philippe Hébert
ou Alfred Laliberté, peuvent valoir entre 30 et 40 000 dollars.
Plusieurs pistes
de solution sont envisagées. Marc Riopel parle de vigiles
citoyennes, «des gens qui vont surveiller les cimetières
pour contrer le vandalisme ou organiser des colloques comme aujourd'hui.»
Le répertoire,
un premier pas vers la sauvegarde
Mais avant tout,
les cimetières de la province doivent être répertoriés.
On estime
qu'il y en a 1 000, peut-être même plus. Les oeuvres
d'art qui s'y trouvent, elles, seraient au nombre d'un million.
Alain Tremblay
explique que «Quand on sait même pas qu'est-ce qu'on
a, comment on peut retrouver quelque chose qu'on sait pas qu'on
s'est fait voler? La première étape, c'est un répertoire,
pour connaître. On est rendu à cette étape là.
On est encore loin d'une vraie sauvegarde des cimetières.»
Un tel répertoire
coûterait 100 000 dollars. Une demande d'aide financière
a été adressée au ministère de la Culture,
mais elle est restée lettre morte.
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