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DOSSIER PAYSAGE : LES PRIX CITRON
(13 avril 2004)
 

Dany Jacques
Le Reflet du Lac (Reproduit avec permission)

Par un bel après-midi d'automne, quoi de plus merveilleux que de sillonner la piste cyclable reliant Ayer's Cliff à Stanstead. Grands hérons et silencieux étangs habitent la bordure de la sinueuse rivière Tomifobia. Ces 90 minutes d'éternité sont malheureusement anéanties par l'apparition soudaine d'une hideuse propriété où reposent de multiples carcasses de voitures et débris métalliques de tout acabit!
Ces histoires d'horreur ne représentent pas l'ensemble du paysage de la MRC de Memphrémagog, mais apparaissent quelques fois dans le décor. Voici les prix citron ou incongruités sur paysage tirés de la réflexion des spécialistes consultés par le Reflet du Lac.

L'urbaniste Hélène Laperrière : "Les "monsters houses" des rives du Memphrémagog misant sur des styles d'une autre époque et leurs tourelles victoriennes populaires sur la rue Sherbrooke à Montréal. Aussi, la superposition de types d'architecture différents, ce qui signifie renier l'origine et l'authenticité. Ce laisser-aller donne un "melting pot" de styles comme à Walt Disney."

Le grand voyageur Denis Forget : "Les premiers condos à être construits dans la baie de Magog (Memphré Club). Sans eux, le cachet aurait peut-être été différent dans le secteur. Malheureusement, les promoteurs ont suivi cet exemple et on a les malheureux résultats devant les yeux à tous les jours. Parlant d'exemple à ne pas suivre, les succursales des Caisses populaires Desjardins s'harmonisent très peu au décor, comme malheureusement à Magog. Je déplore aussi les noms accordés aux complexes immobiliers, comme Place Versaille, qui n'ont aucun lien avec la région."

Le géographe Jean-Claude Thibault : "L'usage abusif des embarcations sur le lac Memphrémagog, les bâtiments à étages sur les bandes riveraines, l'urbanisation des rives (62 % de 42 lacs estriens sont artificiels), l'érosion des berges, les amendes ridicules pour des coupes d'arbres et travaux illégaux, ainsi que les rives trop éclairées du lac Magog, en soirée, qui se transforment en boulevard urbain."

L'évaluateur Jean-Pierre Cadrin : "Les bâtiments commerciaux carrés au centre-ville de Magog, la réglementation peu sévère pour les bâtiments inachevés et délabrés, ainsi que les amoncellements de débris et de carcasses de voitures."

Le président de l'Agence de mise en valeur de la forêt privée de l'Estrie, Jean-Guy St-Roch : "La rue Sherbrooke devenue un affreux boulevard Taschereau, le peu d'arbres et le grand nombre de fils électriques au centre-ville, certaines façades commerciales au centre-ville, les condos de la baie de Magog et le déplacement de la route 112. On a brisé la plus belle carte d'affaires et postale de Magog à cause de ce déplacement."

L'architecte Pierre Cabana: "L'utilisation du parc des Braves. Les autorités l'ont considérablement réduit et abattu des arbres pour des raisons strictement commerciales et mercantiles (stationnement)."

 

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