|
Dany Jacques
Le Reflet du Lac (Reproduit avec permission)
Par un bel après-midi
d'automne, quoi de plus merveilleux que de sillonner la piste cyclable
reliant Ayer's Cliff à Stanstead. Grands hérons et
silencieux étangs habitent la bordure de la sinueuse rivière
Tomifobia. Ces 90 minutes d'éternité sont malheureusement
anéanties par l'apparition soudaine d'une hideuse propriété
où reposent de multiples carcasses de voitures et débris
métalliques de tout acabit!
Ces histoires d'horreur ne représentent pas l'ensemble du
paysage de la MRC de Memphrémagog, mais apparaissent quelques
fois dans le décor. Voici les prix citron ou incongruités
sur paysage tirés de la réflexion des spécialistes
consultés par le Reflet du Lac.
L'urbaniste
Hélène Laperrière : "Les "monsters
houses" des rives du Memphrémagog misant sur des styles
d'une autre époque et leurs tourelles victoriennes populaires
sur la rue Sherbrooke à Montréal. Aussi, la superposition
de types d'architecture différents, ce qui signifie renier
l'origine et l'authenticité. Ce laisser-aller donne un "melting
pot" de styles comme à Walt Disney."
Le grand voyageur
Denis Forget : "Les premiers condos à être construits
dans la baie de Magog (Memphré Club). Sans eux, le cachet
aurait peut-être été différent dans le
secteur. Malheureusement, les promoteurs ont suivi cet exemple et
on a les malheureux résultats devant les yeux à tous
les jours. Parlant d'exemple à ne pas suivre, les succursales
des Caisses populaires Desjardins s'harmonisent très peu
au décor, comme malheureusement à Magog. Je déplore
aussi les noms accordés aux complexes immobiliers, comme
Place Versaille, qui n'ont aucun lien avec la région."
Le géographe
Jean-Claude Thibault : "L'usage abusif des embarcations sur
le lac Memphrémagog, les bâtiments à étages
sur les bandes riveraines, l'urbanisation des rives (62 % de 42
lacs estriens sont artificiels), l'érosion des berges, les
amendes ridicules pour des coupes d'arbres et travaux illégaux,
ainsi que les rives trop éclairées du lac Magog, en
soirée, qui se transforment en boulevard urbain."
L'évaluateur
Jean-Pierre Cadrin : "Les bâtiments commerciaux carrés
au centre-ville de Magog, la réglementation peu sévère
pour les bâtiments inachevés et délabrés,
ainsi que les amoncellements de débris et de carcasses de
voitures."
Le président
de l'Agence de mise en valeur de la forêt privée de
l'Estrie, Jean-Guy St-Roch : "La rue Sherbrooke devenue un
affreux boulevard Taschereau, le peu d'arbres et le grand nombre
de fils électriques au centre-ville, certaines façades
commerciales au centre-ville, les condos de la baie de Magog et
le déplacement de la route 112. On a brisé la plus
belle carte d'affaires et postale de Magog à cause de ce
déplacement."
L'architecte
Pierre Cabana: "L'utilisation du parc des Braves. Les autorités
l'ont considérablement réduit et abattu des arbres
pour des raisons strictement commerciales et mercantiles (stationnement)."
|