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Richard Roy
Dans
un monde préoccupé par le désarmement et la
quête de la paix, pourquoi voudrait-on visiter La Poudrière,
un centre d'interprétation situé dans la plus vieille
usine de poudre noire au Québec et l'un des plus dangereux
lieux de travail au 19e siècle? La réponse réside
peut-être simplement dans l'observation que les gens sont
fascinés par des faits qui affectent leur vie de façon
si dramatique.
La Poudrière depuis la rivière. (Photo
: La Poudrière)
La fabrication d'explosifs, pour des fins militaires ou civiles,
sous forme de poudre à fusil ou de dynamite, en est certainement
un exemple. À La Poudrière, on peut voir exactement
comment et où, dans l'ancien temps, se fabriquait la poudre
à fusil.
EXPLOSION
MORTELLE
Le danger inhérent à la fabrication d'explosifs est
connu par quiconque a étudié le processus de fabrication
de la poudre noire. Il fut un temps où les explosions dans
l'entreprise faisaient partie des banalités. Il n'est donc
pas surprenant qu'une majeure explosion de poudre noire se produisit
à La Poudrière, détruisant plusieurs bâtiments...
et des vies. Malheureusement, cet événement horrible
n'en est qu'un parmi plusieurs, mais il gagna en notoriété
à cause de l'ampleur du désastre. Le quotidien montréalais
La Presse rapporte en détails l'événement qui
a mené à l'explosion en début d'après-midi
dans son édition du 17 juillet 1901. "(...) Ce n'était
pas le premier incident de la sorte à se passer ici, mais
l'énormité de l'explosion, suivie par un tremblement
de terre et d'où s'éleva un épais nuage de
fumée, sema la terreur dans les curs de la population,
laissant les familles locales dans le deuil alors qu'elles savaient
fort bien que leurs êtres chers qui travaillaient au moulin
étaient perdus."
La
directrice générale de La Poudrière, Mme Denise
Savard, raconte : "Même si aujourd'hui il ne subsiste
absolument aucun danger d'explosion parce qu'on ne produit plus
de poudre, environ 50 bâtiments ont avaient été
détruits au cours des années et avaient entraîné
de nombreuses pertes de vie lorsque les magasins ont explosé.
Mme Denise Savard, directrice générale.
(Photo : Richard Roy)
En ce temps-là, c'était fréquent." Mme
Savard explique que les explosions étaient habituellement
causées par des étincelles provenant des rouleaux
en métal qui moulaient la poudre dans le moulin. Aujourd'hui,
les visiteurs peuvent voir les fondations de treize bâtiments
détruits de cette manière.
GUERRE DE
SÉCESSION
La Poudrière, construite en 1864, tire ses racines de la
Guerre de Sécession. À cette époque, trois
hommes d'affaires américains, espérant tirer profit
des hostilités, achetèrent une terre de 4 ha. (10
acres) le long de la rivière Watopeka à Windsor. Le
site s'avéra idéal puisque la rivière, la principale
source d'énergie de la ville, faisait fonctionner la machinerie
nécessaire à la fabrication de la poudre noire. De
plus, la proximité des chemins de fer qui reliaient la région
à la Nouvelle-Angleterre permettait de transporter facilement
le produit fini.
L'un
des bâtiments encore debout sur le site, le dépôt-magasin,
abrite aujourd'hui une voiture de pompiers originale, tirée
par des chevaux, celle qui appartenait à la Ville de Windsor
et qui servait à éteindre les incendies à La
Poudrière causés par différentes explosions.
"Tous les gens aiment cet endroit, enfants, parents, grands-parents
- tout le monde. Nous offrons plusieurs attraits ici, même
pour les amants de la nature et les ornithologues qui veulent emprunter
le sentier pédestre du parc Watopeka," poursuit Mme
Savard, indiquant par sa fenêtre le réseau de 5 km
de pistes et les aires de pique-nique. Elle poursuit : "Les
gens devraient prévoir passer toute la journée ici
et apporter un lunch ou profiter de notre café terrasse (permis
d'alcool) où nous servons café, sandwiches, salades
et autres délices."
Un poster de
la Première Guerre. (Photo : Richard Roy)
EXPOSITIONS
La
Poudrière présente une exposition permanente sur la
poudre à fusil et les techniques d'explosion pendant la Guerre
de Sécession et la Première Guerre. Vous pourrez voir
différents types de munitions, des balles à capuchon
aux cartouches plus modernes du début du siècle ainsi
que les pistolets et carabines avec lesquels on les tirait. On y
trouve des obus, des grenades à main, des baïonnettes,
des épées, des barils à poudre, des bâtons
de dynamite et des capsules fulminantes.
La piste en hiver. (Photo : La Poudrière)
Les visiteurs verront aussi la collection d'affiches dont l'une
montre un soldat en uniforme de la Première Guerre qui demande
aux gens de participer à l'effort de guerre. On y lit : "Récupérez
les os et le gras pour la glycérine qui sert à fabriquer
des munitions pour les explosifs, de la colle pour les avions et
des fertilisants pour produire de la nourriture!" Le centre
présente également des expositions temporaires. Toutes
les expositions et les visites commentées sont accompagnées
par des guides bilingues.
Le centre La
Poudrière est ouvert de mai à novembre. Pour tout
autre renseignement, joignez Mme Denise Savard au Centre culturel
et patrimonial La Poudrière de Windsor, 342, rue Saint-Georges,
Windsor (Québec) J1S 2Z5. Tél. : (819) 845-5284. Téléc.
: (819) 845-5615. Courriel : poudriere@interlinx.qc.ca
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