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UN BARIL DE POUDRE HISTORIQUE
(10 mai 2002)
 

Richard Roy

La Poudrière depuis la rivière. (Photo : gracieuseté de La Poudrière)Dans un monde préoccupé par le désarmement et la quête de la paix, pourquoi voudrait-on visiter La Poudrière, un centre d'interprétation situé dans la plus vieille usine de poudre noire au Québec et l'un des plus dangereux lieux de travail au 19e siècle? La réponse réside peut-être simplement dans l'observation que les gens sont fascinés par des faits qui affectent leur vie de façon si dramatique.

La Poudrière depuis la rivière. (Photo : La Poudrière)


La fabrication d'explosifs, pour des fins militaires ou civiles, sous forme de poudre à fusil ou de dynamite, en est certainement un exemple. À La Poudrière, on peut voir exactement comment et où, dans l'ancien temps, se fabriquait la poudre à fusil.

EXPLOSION MORTELLE
Le danger inhérent à la fabrication d'explosifs est connu par quiconque a étudié le processus de fabrication de la poudre noire. Il fut un temps où les explosions dans l'entreprise faisaient partie des banalités. Il n'est donc pas surprenant qu'une majeure explosion de poudre noire se produisit à La Poudrière, détruisant plusieurs bâtiments... et des vies. Malheureusement, cet événement horrible n'en est qu'un parmi plusieurs, mais il gagna en notoriété à cause de l'ampleur du désastre. Le quotidien montréalais La Presse rapporte en détails l'événement qui a mené à l'explosion en début d'après-midi dans son édition du 17 juillet 1901. "(...) Ce n'était pas le premier incident de la sorte à se passer ici, mais l'énormité de l'explosion, suivie par un tremblement de terre et d'où s'éleva un épais nuage de fumée, sema la terreur dans les cœurs de la population, laissant les familles locales dans le deuil alors qu'elles savaient fort bien que leurs êtres chers qui travaillaient au moulin étaient perdus."

Mme Denise Savard, directrice générale. (Photo : Richard Roy)La directrice générale de La Poudrière, Mme Denise Savard, raconte : "Même si aujourd'hui il ne subsiste absolument aucun danger d'explosion parce qu'on ne produit plus de poudre, environ 50 bâtiments ont avaient été détruits au cours des années et avaient entraîné de nombreuses pertes de vie lorsque les magasins ont explosé.

Mme Denise Savard, directrice générale. (Photo : Richard Roy)

En ce temps-là, c'était fréquent." Mme Savard explique que les explosions étaient habituellement causées par des étincelles provenant des rouleaux en métal qui moulaient la poudre dans le moulin. Aujourd'hui, les visiteurs peuvent voir les fondations de treize bâtiments détruits de cette manière.

GUERRE DE SÉCESSION
La Poudrière, construite en 1864, tire ses racines de la Guerre de Sécession. À cette époque, trois hommes d'affaires américains, espérant tirer profit des hostilités, achetèrent une terre de 4 ha. (10 acres) le long de la rivière Watopeka à Windsor. Le site s'avéra idéal puisque la rivière, la principale source d'énergie de la ville, faisait fonctionner la machinerie nécessaire à la fabrication de la poudre noire. De plus, la proximité des chemins de fer qui reliaient la région à la Nouvelle-Angleterre permettait de transporter facilement le produit fini.

Un poster de la Première Guerre. (Photo : Richard Roy)L'un des bâtiments encore debout sur le site, le dépôt-magasin, abrite aujourd'hui une voiture de pompiers originale, tirée par des chevaux, celle qui appartenait à la Ville de Windsor et qui servait à éteindre les incendies à La Poudrière causés par différentes explosions. "Tous les gens aiment cet endroit, enfants, parents, grands-parents - tout le monde. Nous offrons plusieurs attraits ici, même pour les amants de la nature et les ornithologues qui veulent emprunter le sentier pédestre du parc Watopeka," poursuit Mme Savard, indiquant par sa fenêtre le réseau de 5 km de pistes et les aires de pique-nique. Elle poursuit : "Les gens devraient prévoir passer toute la journée ici et apporter un lunch ou profiter de notre café terrasse (permis d'alcool) où nous servons café, sandwiches, salades et autres délices."

Un poster de la Première Guerre. (Photo : Richard Roy)

EXPOSITIONS
La piste en hiver. (Photo : gracieuseté de La Poudrière)La Poudrière présente une exposition permanente sur la poudre à fusil et les techniques d'explosion pendant la Guerre de Sécession et la Première Guerre. Vous pourrez voir différents types de munitions, des balles à capuchon aux cartouches plus modernes du début du siècle ainsi que les pistolets et carabines avec lesquels on les tirait. On y trouve des obus, des grenades à main, des baïonnettes, des épées, des barils à poudre, des bâtons de dynamite et des capsules fulminantes.

La piste en hiver. (Photo : La Poudrière)

Les visiteurs verront aussi la collection d'affiches dont l'une montre un soldat en uniforme de la Première Guerre qui demande aux gens de participer à l'effort de guerre. On y lit : "Récupérez les os et le gras pour la glycérine qui sert à fabriquer des munitions pour les explosifs, de la colle pour les avions et des fertilisants pour produire de la nourriture!" Le centre présente également des expositions temporaires. Toutes les expositions et les visites commentées sont accompagnées par des guides bilingues.

Le centre La Poudrière est ouvert de mai à novembre. Pour tout autre renseignement, joignez Mme Denise Savard au Centre culturel et patrimonial La Poudrière de Windsor, 342, rue Saint-Georges, Windsor (Québec) J1S 2Z5. Tél. : (819) 845-5284. Téléc. : (819) 845-5615. Courriel : poudriere@interlinx.qc.ca

 

 


 

 

 

 

 

 

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