Association
des Townshippers
Les chemins de fer ont eu un impact énorme sur l'économie
et la vie en général dans les Cantons-de-l'Est. Un colon
(défricheur) anglais le décrit bien dans une lettre
à son grand-père qui demeurait en Angleterre :
"Nous
voyons déjà les effets du chemin de fer à
Sherbrooke. Les commerçants ont baissé leurs prix
parce que s'ils ne l'avaient pas fait, il y a beaucoup de gens
à Montréal qui sont prêts à les concurrencer.
Le transport de marchandises lourdes telles que la farine, le
sel, etc. n'est qu'une bagatelle maintenant à comparer
à l'époque où tout était transporté
par chariots. Le bois de construction est très en demande,
alors les fermiers auront une chance maintenant. Je pense que
Sherbrooke deviendra un grand centre d'affaires. En ville, beaucoup
plus d'argent change de mains qu'avant, deux fois plus, à
ce que je peux en juger.
Les chemins
de fer ouvrirent de nouveaux marchés non seulement aux fermiers
mais aussi aux producteurs de bois et de minéraux. Les manufacturiers
aussi augmentèrent leur production. Les moulins qui desservaient
les petits marchés locaux pouvaient maintenant rejoindre
tout le Canada. Le moulin Paton Textile, par exemple, établi
à Sherbrooke en 1867, devint le plus important au pays.
L'économie
des Cantons-de-l'Est continua à croître pendant la
seconde moitié du 19e siècle, alors qu'ailleurs au
Québec et au Canada elle demeurait en récession. On
y offrait plus d'emplois pour les fils et filles des familles rurales
et pour les nouveaux immigrants.
Comme partout, la Révolution industrielle entraînait
des accidents. Les heures de travail étaient longues, les
salaires, bas et les conditions de travail, minimales. Des petits
producteurs et commerces étaient souvent forcés de
fermer à cause de produits moins chers arrivés de
l'extérieur par les chemins de fer ou par ceux produits localement
dans des manufactures nouvelles et plus efficaces.
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