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Matthew Farfan
La distribution du courrier dans les Cantons-de-l'Est date des environs
de 1800. À ce moment, presque tous les pionniers venaient
d'arriver de Nouvelle-Angleterre. Ces gens s'inquiétaient
de ne pouvoir conserver leur liens avec leur ancienne patrie, les
amis et la famille qu'ils y avaient laissés. Il était
donc important à l'époque que ces gens continuent
à recevoir des lettres et des journaux de chez eux. Le journal
"The Green Mountain Patriot", publié à Peacham,
Vermont, était beaucoup lu à l'époque.
Selon
l'historien des Cantons B. F. Hubbard, la région près
du Vermont était desservie de façon régulière
par des messagers à cheval qui traversaient le Vermont, de
Wells River à Derby Line à la frontière (et
de là à Stanstead Plain). Ces messagers distribuaient
le courrier environ deux fois par mois. Le volume augmentant, ils
prolongèrent leur route jusque dans les cantons de Stanstead,
Barnston, Hatley et Compton. En 1812, on inaugura une route postale
régulière entre Wells River, Derby Line et Stanstead.
Bureau de poste double, Beebe, v.1900. (Photo : Collection Farfan)
La guerre de
1812 a probablement mis un frein à la livraison outre-frontière
et a certainement fait prendre conscience de l'absence de service
dans la région. Cependant, on ne vit pas de service postal
régulier dans les Cantons-de-l'Est avant 1817. Les édits
du gouvernement étaient expédiés par des messagers
spéciaux. En 1817, on ouvrit enfin une route postale reliant
Stanstead à la ville de Québec, en passant par Melbourne
et le chemin Craig; le courrier était distribué chaque
semaine par messager à cheval.
Dans les années
1820 et 1830, étant donné que le réseau routier
s'améliorait et que le service de diligence se développait,
la distribution du courrier fut établie entre les Cantons
et Montréal et aussi entre les Cantons et Québec.
En 1824, on débuta un service hebdomadaire pendant l'été
entre Stanstead et Montréal, par le traversier Copp et Magog
où l'on établit des bureaux de poste. Ailleurs, d'autres
routes postales s'organisaient.
Parmi les premiers
bureaux de poste au Bas-Canada, on peut citer Philipsburg (1812)
et Drummondville (1816). En 1817, Stanstead, Lower Forks (Sherbrooke),
Ascot, Hatley, Shipton et Richmond possédaient des bureaux
de poste. Puis vinrent Granby (1826), Dunham (1827), Georgeville
et Shefford (1829) et Frelighsburg (1831). Magog, Brome, Potton
et Cowansville en possédaient un aussi.
Les premiers
bureaux de poste étaient situés dans le magasin général
ou dans une résidence privée. Cette coutume persista
pendant le développement de la distribution rurale au début
du 20e siècle. Certains villages dans les Cantons-de-l'Est
furent même nommés d'après leur premier receveur
des postes, tels Sweetsburg, Churchville et Cowansville.
L'un des plus étranges
bureaux de poste connu était le fameux "bureau de poste
double unique au monde" situé dans le village frontalier
de Beebe Plain. Le bureau de poste comportait deux portes, l'une aux
États-Unis, l'autre au Canada; deux comptoirs postaux; un seul
receveurs des postes servait les clients des deux côtés
de la frontière. L'édifice existe encore mais a été
transformé en résidence privée.
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