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Matthew Farfan
Même
s'il n'est pas originaire des Cantons-de-l'Est, Joseph-Adélard
Godbout adopta les Cantons au milieu de sa vie lorsqu'en 1930 il
acheta une maison de ferme centenaire près de Frelighsburg.
Il y fut enterré; sa famille y réside encore. Né
en 1892 à Saint-Éloi dans le Bas-Saint-Laurent, Adélard
Godbout poursuit ses études au Séminaire de Rimouski,
à l'École d'agriculture de Saint-Anne-de-la-Pocatière
et au Amherst Agricultural College au Massachusetts. Agronome de
formation, il a occupé un poste au ministère de l'Agriculture
du Québec et enseigna l'agriculture à Saint-Anne jusqu'en
1930. C'est à ce moment qu'il achète sa propriété
dans les Cantons-de-l'Est.
Joseph-Adélard Godbout. (Photo : Commission
de la capitale nationale)
La carrière
politique de M. Godbout débute en 1929 lorsqu'il est élu
par acclamation au siège du comté de L'Islet à
l'Assemblée législative du Québec. Sauf pour
une période de trois ans, il a détenu ce siège
jusqu'en 1948. Pendant son premier mandat, Adélard Godbout
fut nommé ministre de l'Agriculture dans le gouvernement
de Taschereau. Passant outre les scandales de ce régime,
il gagne le respect de ses pairs et succède à Taschereau
en tant que Premier ministre en 1936. Quelques mois plus tard, il
déclenche une élection mais se voit défait
par Maurice Duplessis. Épaulé par le gouvernement
fédéral Libéral, M. Godbout revient au pouvoir
en 1939 en tant que Premier ministre jusqu'en 1944. Cette-année-là,
son parti est une fois de plus défait par Duplessis, mais
M. Godbout demeure Chef de l'Opposition jusqu'à sa défaite
en 1948. En 1949, il fut nommé au Sénat canadien.
Adélard
Godbout a été calomnié par ses opposants, y
compris par la conservatrice Église catholique, et plus tard,
par les historiens. Ceci malgré un éventail impressionnant
de réalisations alors qu'il était en fonction, entre
autres : des réformes du système scolaire (école
obligatoire jusqu'à l'âge de 14 ans); la gratuité
de l'éducation et des manuels de classe au primaire; l'achèvement
de l'Université de Montréal (instaurée dans
les années 1920 mais délaissée pendant la Dépression);
le droit de vote pour les femmes (Québec a été
la dernière province à accorder le droit de vote aux
femmes); la nationalisation de nombreux grands monopoles qui contrôlaient
la distribution et les prix de l'électricité à
Montréal et alentours, créant ainsi Hydro-Québec,
un géant qui se développera pour desservir l'ensemble
de la province; et l'adoption d'un Code du travail très novateur
qui établit clairement les droits de négociation collective
et de syndicalisation.
L'effondrement
de Adélard Godbout provient d'une apparente soumission au
gouvernement fédéral. Pendant la Deuxième Guerre,
son appui au Premier ministre Mackenzie King sur la conscription,
puis son acceptation de la nouvelle assurance chômage du gouvernement
fédéral ont terni une réputation restant par
ailleurs dorée aux yeux de plusieurs électeurs québécois.
Joseph-Adélard
Godbout est décédé à Montréal
en 1956, des suites d'une chute accidentelle chez lui, dans les
Cantons-de-l'Est. Il est enterré dans le cimetière
paroissial à Frelighsburg.
Construit en 1840 par James O'Haloran, membre de
l'Assemblé législative, cette imposante demeure est
divisée en deux -- moitié brique, moitié pierre.
La maison fut achetée par Adélard Godbout en 1930;
le verger fut planté en 1934 et 1935. (Photo : Matthew Farfan)
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