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Association
des Townshippers
Les premiers colons à qui on concédait des terres
dans les Cantons promettaient de construire des moulins à
farine et des routes dans les deux années suivant leur arrivée.
Le meunier figurait parmi les personnes les plus importantes dans
une colonie. Le moulin du village faisait le lien entre la ferme
et l'industrie.
Moulins à
farine (meuneries) :
On
apportait son grain et son maïs au moulin à farine pour
le faire moudre. La plupart des moulins à farine étaient
construits au bord d'un cours d'eau où des barrages étaient
construits pour réguler le débit de l'eau ou près
d'une chute où le débit de l'eau pouvait faire tourner
l'énorme roue à aubes qui était reliée
aux meules (pierres énormes, rondes et plates). Le grain
était placé entre les deux meules, écrasé
et moulu pour en faire de la farine.
Moulin à Cowansville, v. 1900. (Photo : Collection
Farfan)
La roue hydraulique composait le cur du moulin - une source
d'énergie merveilleusement simple et bon marché. La
roue elle-même faisait l'objet d'expérimentations et
d'améliorations continuelles. Il fallut attendre 1850 pour
que monsieur A. D. Cole, de Sherbrooke, fasse breveter une "roue
Sampson nouvelle et améliorée". Cette roue fut
installée dans les moulins de Magog. Cependant, la vapeur
commençait à remplacer l'énergie hydraulique.
Les moulins
à farine représentaient les premiers et les plus importants
moulins qui furent construits dans la région. On utilisait
de lourdes pièces de fonte et des meules pour faire fonctionner
le moulin à farine. Avant la construction des moulins à
farine, les colons moulaient leur grain et leur maïs à
la main. Comme la farine moulue à la main donnait du gruau
et du pain grumeleux, les colons étaient sans doute fort
soulagés lorsqu'un moulin à farine se construisait
dans leur région. Les colons parcouraient des kilomètres
à travers les bois pour faire moudre leur grain.
L'un des premiers
moulins à farine dans les Cantons-de-l'Est fut construit
en 1793 par Nicholas Austin à l'endroit où le lac
Memphrémagog se déverse dans la rivière Magog.
Au cours des quarante années suivantes, avec l'arrivée
de l'énergie à vapeur, de plus en plus de moulins
furent construits un peu partout dans les Cantons. Pendant ce temps,
le procédé de mouture du grain se perfectionna et
les moulins à farine furent appelés meuneries. Avec
l'avènement de l'électricité, les vieux moulins
à farine devinrent obsolètes. Il en reste très
peu dans les Cantons. Un des survivants, le moulin Cornell à
Standbridge-Est, moulin à trois étages en brique,
date de 1830 et abrite maintenant le musée Missisquoi. Subsistent
aussi ceux à Frelighsburg et à Kinnear's Mills.
Scieries
:
La scierie était habituellement le deuxième moulin
que l'on construisait. Avant l'établissement de scieries,
les colons construisaient habituellement leurs bâtiments avec
des planches et des rondins taillés à la main. Au
début, les scieries produisaient des panneaux et des planches
qui étaient en forte demande, car les gens avaient hâte
d'améliorer leurs cabanes de fortune, en rondins. En 1830,
on comptait plus de trente scieries dans le seul comté de
Sherbrooke, une des plus anciennes étant celle de Huntingville,
construite sur la rivière Ascot vers 1815. La plus grande
scierie du Canada était la "St. Francis Mills"
de la "C. S. Clarke Company" à Brompton.
Dans certaines
des premières scieries, on sciait les planches manuellement
avec une scie de long à deux poignées. Un homme se
tenait sur le billot, l'autre dans une fosse au-dessous. Avec le
temps, la plupart des scies en long furent actionnées par
des roues hydrauliques. Cependant, en l'absence d'un cours d'eau,
un cheval sur un tapis roulant incliné pouvait servir à
actionner la scie. Les scieries se sont transformées avec
l'utilisation de la vapeur, des moteurs à combustion et de
l'électricité, mais certaines vieilles scieries ont
continué à fonctionner jusqu'au début du 20e
siècle.
Plusieurs villes
et villages des Cantons-de-l'Est doivent leurs origines aux premiers
moulins à farine et aux scieries. On peut citer Kilborn's
Mills (Rock Island/Stanstead), Hyatt's Mills (Sherbrooke), Conroy's
Mills (Frelighsburg) et Ruiter's Mills (Cowansville). Certains villages
doivent même leur nom aux premiers propriétaires du
moulin tels que Denison's Mills, Way's Mills et Baldwin's Mills.
En fait, presque tous les villages des Cantons-de-l'Est, qui existaient
avant l'arrivée du chemin de fer, devaient leur existence
à la présence d'une chute d'eau qui leur fournissait
l'énergie.
Pour un circuit virtuel des moulins ruraux des Cantons-de-l'Est,
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