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Matthew Farfan
Sherbrooke
est la plus grande ville des Cantons-de-l'Est. Sa population de
150 000 personnes lui confère une position de prestige dans
la région. Sherbrooke est située au confluent des
rivières Saint-François et Magog. À l'époque
des Abénaquis, ces deux rivières constituaient deux
voies navigables importantes. Là où Sherbrooke est
établie actuellement se trouvait un portage pour franchir
les chutes de la rivière Magog. Nommé par les Abénaquis
Ktinékétolékouac, l'endroit fut aussi appelé
Big Forks (Grandes Fourches) pour le distinguer de Little Forks
(ou Lower Forks) (Petites Fourches), aujourd'hui Lennoxville située
en amont, au confluent des rivières Saint-François
et Massawippi.
Les chutes, Sherbrooke, v.1900. (Photo : Collection
Farfan)
Les premières
installations permanentes à Big Forks furent construites
par le Loyaliste Gilbert Hyatt. Gilbert Hyatt avait reçu
le mandat d'arpenter le canton d'Ascot en 1792 mais le canton ne
lui fut concédé qu'en 1803. À ce moment, il
y avait déjà construit des moulins; plusieurs autres
familles de pionniers étaient déjà arrivées
de la Nouvelle-Angleterre. Rapidement, cette petite agglomération
fut connue sous le nom de Hyatt's Mills. En 1818, Hyatt's Mills
changea de nom pour celui de Sherbrooke, en l'honneur du Gouverneur
général Sir John Coape Sherbrooke.
À ses
débuts, Sherbrooke se développa lentement. Comme ailleurs
dans les Cantons-de-l'Est, la région subissait l'isolement
à cause de la mauvaise qualité des routes vers l'extérieur
de la région. Cependant, Sherbrooke a tôt fait de profiter
d'avantages prodigieux. En 1823, elle devint le siège du
nouveau district judiciaire, le district de Saint-François;
on y construisit aussi la première prison. Dans les années
1830, Sherbrooke devint également le siège de la nouvelle
"British American Land Company". Un nombre croissant d'hommes
d'affaires influents, de propriétaires fonciers et de cabinets
et de bureaux s'établissaient dans la ville. Sherbrooke devenait
le chef-lieu des Cantons-de-l'Est.
Mais
une croissance rapide se produisit surtout grâce à
l'industrialisation. Commencé dans les années 1840,
le développement de Sherbrooke augmenta rapidement après
le parachèvement de la voie ferrée du "St-Lawrence
& Atlantic Railway" (le "Grand-Tronc") vers 1850
reliant Montréal et Portland, Maine. Les manufactures de
textiles, certaines très considérables, constituaient
le moteur de l'industrie.
Wellington Street, Sherbrooke, c.1900. (Photo: Farfan
Collection)
Comme dans plusieurs
parties des Cantons, Sherbrooke était essentiellement de
langue anglaise dans la première moitié du 19e siècle.
Ceci changea avec l'industrialisation. De nouvelles possibilités
d'emplois, le chemin de fer, la disponibilité de terres peu
chères, le surpeuplement des anciennes terres seigneuriales
et la création de sociétés de colonisation
au Canada français, tout contribuait à attirer des
milliers de Canadiens français dans la région qui
connut plusieurs vagues d'immigration de Canadiens français
après le milieu du 19e siècle. Plusieurs nouveaux
arrivants trouvèrent un emploi dans les moulins et les manufactures
à Sherbrooke.
Les Canadiens
français apportèrent avec eux non seulement leur langue
mais aussi leur religion, le catholicisme. Leur nombre croissant
mena à la création du diocèse de Sherbrooke
en 1874 dirigé par le premier évêque, Antoine
Racine.
À
cette époque également, Sherbrooke devint un centre
bancaire régional important. La création de la "Eastern
Townships Bank" en 1859 et de son siège social à
Sherbrooke, avec des succursales à Waterloo et à Stanstead,
assura à la ville sa position de capitale financière
de la région.
Ouvriers de la Paton. (Photo: Société
d'histoire de Sherbrooke)
Au cours de la deuxième moitié du siècle, la
banque étendit ses activités à travers les
Cantons et établit des succursales dans la majorité
des principales villes. Vers 1880, un deuxième chemin de
fer important, le "Québec Central", fut achevé.
Il traversait Sherbrooke et circulait du nord au sud. Les mines,
l'agriculture, le secteur des services, tous ont contribué
au développement de Sherbrooke.
Aujourd'hui,
la ville de Sherbrooke s'affirme comme leader régional dans
plusieurs domaines dont, et non les moindres, l'éducation,
les spectacles et la culture. Par exemple, elle loge l'Université
de Sherbrooke. Elle peut aussi se vanter de son orchestre symphonique.
On y publie deux quotidiens, un français et un anglais; elle
dispose de stations de radio et de télévision. Sherbrooke
compte aussi plusieurs musées et centres d'interprétation.
À Sherbrooke,
les visiteurs peuvent consulter :
Tourisme
Cantons-de-l'Est, l'autorité régionale en la matière
de tourisme.
À
Sherbrooke, visitez :
Le Musée des beaux-arts
de Sherbrooke, le Musée
du Séminaire, le Centre
d'interpretation de l'histoire de Sherbrooke, la Société
de généalogie des Cantons de l'Est, les Archives
nationales du Québec,
le Centre culturel et du
patrimoine Uplands, la Société
d'histoire et du musée de Lennoxville-Ascot, et le Centre
de recherche des Cantons-de-l'Est.
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