Matthew
Farfan
Durant
de nombreuses années, dans les Cantons-de-l'Est, les routes
étaient sommaires et impraticables pendant la majeure partie
de l'année. Normalement, les déplacements avaient lieu
à cheval, en carriole l'hiver, ou à pied. Les gens qui
allaient au marché pouvaient y mener leurs animaux ou transporter
leur marchandise avec des charrettes tirées par des bufs,
mais ça prenait du temps pour se déplacer. Vers 1811,
un service de diligence reliait la ville de Québec à
la Nouvelle-Angleterre. Au début, ce service saisonnier ne
fonctionnait qu'en hiver lorsque les carrioles pouvaient passer sur
les routes ou ruisseaux gelés. La première route des
diligences qui traversa les Cantons empruntait le chemin Craig, passait
par Richmond, et rejoignait Sherbrooke. Elle traversait la frontière
Canada -- États-Unis à Stanstead.
Annonce, The
British Colonist, 1824.
Comme plusieurs
villages dans la région, Stanstead naquit avec les diligences.
Ces dernières emmenaient un flux continu de voyageurs dont
plusieurs couchaient sur place. Ce qui favorisait l'industrie des
services locale : auberges, écuries, selleries-bourrelleries,
fabricants de carrioles, charrons et, en ce qui concerne Stanstead,
un poste de douanes
Pendant
les années 1820 et 1830, les routes locales et régionales
commencèrent à s'améliorer et la circulation
en diligence devint plus régulière. Un service de
diligence entre Boston (via Stanstead) et Montréal fut inauguré
en 1824. Les voyageurs prenaient le traversier Copp (à Georgeville)
où ils traversaient le lac Memphrémagog pour se rendre
à Bolton et finalement, à Montréal.
"Pass of Bolton", par W. H. Bartlett. (Source
: Canadian Scenery Illustrated)
Une autre route vers Montréal avait été construite
via The Outlet (Magog), au nord du lac Memphrémagog. Ces
routes virent leur fréquentation augmenter. Dès le
début des années 1830, les déplacements s'étaient
améliorés au point que durant l'été,
des diligences circulaient régulièrement dans la région.
Malgré
leur contribution au transport en commun et aux communications,
les jours de la diligence étaient comptés. Le boom
des chemins de fer se fit sentir dans les Cantons-de-l'Est vers
1850 pour se poursuivre jusqu'au 20e siècle et révolutionna
le transport public, entraînant la disparition des diligences,
du moins le service entre les grandes agglomérations et les
villes.
Une diligence restaurée. (Photo : Musée
Colby-Curtis)
Pendant un certain temps, les diligences continuèrent à
circuler sur des circuits strictement locaux mais bientôt,
même là, elles disparurent. Dès le 20e siècle,
avec l'arrivée de l'automobile, une autre révolution
dans le transport surgissait, cette fois aux dépends des
chemins de fer.
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