Association
des Townshippers
Les
premiers pionniers ne trouvèrent aucune route. Ils furent plutôt
confrontés à des forêts vierges. Pour se frayer
un chemin, ils durent abattre des arbres, traverser des marais ou
patauger dans des cours d'eau. Partant de la Nouvelle-Angleterre,
ils voyageaient en hiver, car les raquettes et les toboggans étaient
moins larges qu'une charrette tirée par des bufs et ils
pouvaient économiser du temps en traversant les rivières
et les lacs gelés.
Du temps des routes de planches. (Source : Eric Sloan,
Our Vanishing Landscape)
Ceux qui arrivaient de la ville de Québec ou de la baie Missisquoi
utilisaient souvent des chariots bien chargés tirés
par des bufs. Lorsqu'un marais bloquait leur route, ils devaient
jeter des billots sur le parcours qu'ils avaient choisi, pour ensuite
les couvrir de branches et de boue afin de permettre aux bêtes
de traverser. La route se devait d'être ferme, car si par mégarde
un buf s'aventurait en dehors du chemin de rondins, il risquait
de s'embourber dans le marais. Les voyageurs pratiquaient une encoche
dans les arbres le long de leur chemin à l'aide d'une hachette.
Ainsi, d'autres pouvaient les suivre et pouvaient facilement retrouver
leur chemin lorsque venait le temps de rejoindre leur famille ou de
retourner s'approvisionner.
Pendant de nombreuses
années, les routes des Cantons-de-l'Est ressemblaient à
peine à des sentiers cahoteux et boueux surtout en périodes
de pluie. Parcourir de longues distances, à cheval ou en
chariot, pouvait prendre des jours, voire des semaines. En hiver,
il était plus facile de voyager en traîneau sur les
routes gelées.
L'ancien chemin
de Magog:
À son ouverture en 1794, l'ancien chemin de Magog n'était
qu'un simple sentier. Elle allait devenir l'une des principales routes
que les pionniers emprunteront pour se rendre dans les Cantons-de-l'Est
en provenance des États-Unis. En effet, ils passaient par Philipsburg
sur les rives du lac Champlain. De là, ils empruntaient le
sentier rudimentaire qui menait à Dunham où ils bifurquaient
pour emprunter le chemin de Magog, pour ensuite poursuivre jusqu'à
Nelsonville (maintenant Cowansville), Gilman's Corner, Calls Mills
et le village de Brome. De l'autre côté du village de
Brome, le chemin se poursuivait en suivant la pente raide qui menait
à la passe de Bolton, tout près de Sally's Pond, cheminant
ensuite par une autre passe vers la vallée de la rivière
Missisquoi. De là, le chemin coiffait la crête, pour
ensuite redescendre vers les rives du lac Memphrémagog aux
environs de Knowlton's Landing. Les pionniers qui désiraient
se rendre à Georgeville en hiver traversaient le lac gelé.
En été, ils empruntaient le traversier de M. Copp. Jusqu'en
1820, l'ancien chemin de Magog ne fut pas jugée praticable
par les véhicules à roues. En 1826, des efforts furent
déployés pour améliorer la route. En 1830, une
subvention du gouvernement fut accordée pour améliorer
grandement la qualité de la route et ainsi permettre aux chariots
d'y circuler.
Chemins Craig
et Gosford:
Sir James Henry Craig, vétéran des campagnes napoléoniennes
et de la Révolution américaine, occupait le poste
de gouverneur en chef des colonies de l'Amérique du Nord
britannique. M. Craig considérait que la construction d'une
route entre Lévis et Richmond comportait deux avantages principaux.
Premièrement, elle permettrait aux pionniers britanniques
de se rendre dans les Cantons-de-l'Est pour ainsi contrebalancer
le nombre d'Américains arrivant de la Nouvelle-Angleterre.
Deuxièmement, elle pourrait être utilisée pour
transporter vers la ville de Québec les produits agricoles
que fournissaient le nombre sans cesse grandissant des fermes dans
les Cantons-de-l'Est. En 1806, M. Craig avait fait construire par
ses propres soldats une route entre Richmond et Danville, qu'il
avait maintenant l'intention de prolonger jusqu'à Lévis.
En 1811, un
service de diligence assurait le service entre Québec et
Boston. Pendant plusieurs années, ce service ne fonctionna
de façon régulière que durant les mois d'hiver
lorsque les routes et ruisseaux gelés permettaient d'y circuler.
Pour se préparer
à se défendre pendant la guerre de 1812 contre les
États-Unis, les troupes du général Craig détruisirent
tous les ponts du chemin Craig et la bloquèrent en de nombreux
endroits. Cependant, il semble qu'en 1829, une fois la menace américaine
écartée, le chemin Craig avait retrouvé son
état d'origine. Un nouveau tronçon de route, nommé
en l'honneur du gouverneur général Gosford, traversait
maintenant le centre du canton d'Inverness pour se rendre jusqu'à
Maple Grove dans le canton d'Ireland. Elle rejoignait ensuite le
tronçon nommé le chemin Dudswell. Après 1840,
le chemin Craig fut à nouveau entretenue avec soin et retrouva
ses lettres de noblesse.
Autres routes:
En 1836, une route reliait Montréal et Sherbrooke en passant
par Shefford. Une autre courait entre Sherbrooke et Lévis.
On acheva la construction d'un pont enjambant la rivière
Saint-François près de Sherbrooke, ce qui en fit l'un
des premiers principaux maillons du réseau.
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