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Josiane Caillet
Il
n'y a pas si longtemps, les autorités médicales déclaraient
qu'un enfant naturel ou handicapé faisait face à un avenir
peu prometteur, celui de la folie qui le frapperait tôt ou tard.
Quant à leurs parents, également jugés anormaux,
ils se voyaient rejetés par la société et bien peu
de choix se présentaient : l'abandon furtif et honteux ou le placement
du poupon dans une institution.
Dans
les Cantons de l'Est, un hôpital privé destiné à
cette clientèle particulière ouvrira ses portes à
Austin dans les années 1940 : le Cecil Butters Memorial Hospital
ou Centre Butters. Sa fondatrice vient de faire l'objet d'une monographie
par Françoise Hamel-Beaudoin, intitulée Lily Esther Butters
née pour aimer. Cet ouvrage remplit un vide dans l'histoire
régionale et rend dignement hommage à celle qui affirmait
que "tous les enfants sont source de joie; même les plus handicapés
que nous avons ici [au Centre] nous donnent du bonheur", qui a mis
sur pied un lieu d'accueil où tous, enfants comme employés,
faisaient partie de la famille élargie de Lily Butters et, à
ce titre, méritaient respect, considération et amour.
Le Centre Butters, ouvert en 1947, se développera rapidement et
connaîtra un essor remarquable et remarqué, passant de six
patients la première année à quatre cent trente-cinq
en 1972, année marquant la prise de possession de l'hôpital
par le gouvernement. Suite au mouvement de désinstitutionnalisation,
l'établissement fermera ses portes en 1990. Mais nombreux gardent
en mémoire le souvenir de Lily Butters, qui, en 1929, accompagnée
de son mari et de ses enfants, quittera son Angleterre natale pour venir
s'installer à Austin et réaliser le rêve d'une vie.
Le fruit de son dévouement constant vaudra la médaille de
l'Ordre du Canada en 1972 à celle qu'aucune critique - celles-ci
ne manqueront pas - n'arrêtera dans son élan.
Lily Esther Butters née pour aimer trace non seulement le
portrait d'une femme unique mais également celui d'une époque
et de son quotidien. La Dépression et ses conséquences au
niveau mondial découlent sur un mouvement migratoire qui permet
à l'auteure de décrire le voyage par navire d'une famille
britannique. L'on ne manque pas de revivre la visite royale de 1939. La
Deuxième Guerre mondiale marquera le Nouveau Monde : l'engagement
des hommes, des femmes, le rôle actif de ces dernières dans
les usines de munitions ou les hôpitaux occupent plusieurs pages.
Enfin, l'attrait exercé par la magnifique région du lac
Memphrémagog explique pourquoi les nouveaux immigrants plantèrent
et continuent à planter des racines solides dans les Cantons de
l'Est.
La monographie de Françoise Hamel-Beaudoin est généreusement
illustrée de photographies en noir et blanc et de reproductions
de documents archivistiques, matériel iconographique et imprimé
venant étayer les nombreux témoignages recueillis. Des remerciements
et une bibliographie viennent clore l'ouvrage.
Lily Esther Butters née pour aimer est disponible en français.
Pour en apprendre plus sur la carrière littéraire de Françoise
Hamel-Beaudoin ou commander cet ouvrage, visitez le site de l'auteure
en cliquant ici : http://www3.sympatico.ca/janson/janson.html.
Vous pouvez également écrire à l'adresse suivante
: Les Éditions Janson, 2135, Chemin Nicholas-Austin, Austin, Quebec,
J0B 1B0.
Référence
complète : Françoise Hamel-Beaudoin. Lily Esther Butters
née pour aimer. Austin, Éditions Janson, 2002. Couverture
souple, 264 pages, ill. en noir et blanc. Prix : 21,95 $.
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