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Matthew Farfan
Les
gens qui visitent les Cantons-de-l'Est sont souvent surpris par
le nombre d'églises qu'ils y trouvent. En effet, il n'est
pas rare de trouver trois, quatre, et même cinq, églises
de différentes confessions à proximité les
unes des autres dans un même village. En certains endroits
tels qu'à Way's Mills, elles se font face de chaque côté
de la rue.
À
droit : Église
Union et église anglicane Epiphany face à
face le long de la rue.
(Photo : Matthew Farfan)
À
un moment donné, cinq églises - toutes construites
en déclin et revêtues de blanc - bordaient la rue Main
à Beebe Plain où Baptistes, Anglicans, Méthodistes,
Adventistes et Catholiques romains rivalisaient pour leur part de
fidèles.
Cette
photo montre les clochers à Beebe vers 1910 : églises
baptiste,
méthodiste et anglicane, celle-ci à peine visible
au-dessus des arbres.
(Photo : Collection Farfan)
Les amateurs de routes secondaires sont surpris de découvrir
des églises à la
croisée des chemins les moins fréquentés, surgissant
comme au milieu de nulle part. Cependant, ils réalisent rapidement
que cette pittoresque petite église peut très bien
représenter tout ce qui reste d'un village anciennement florissant.
À droit
: Église universaliste Huntingville. (Photo
: Matthew Farfan)
INFLUENCE
DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE
Les plus anciennes églises dans les Cantons-de-l'Est rappellent
fortement celles de la Nouvelle-Angleterre. Ceci s'explique aisément,
puisque c'est lors de la première vague de défricheurs
(d'env. 1810 à 1840) que les religions institutionnalisées
ont d'abord pris racine dans la région. Les colons en provenance
du sud de la frontière - en particulier du New Hampshire,
du Vermont et du Massachusetts - ont apporté leur foi et
leur architecture. Par exemple, l'église universaliste à
Huntingville semble avoir été transplantée
de quelque part en Nouvelle-Angleterre. Elle date de 1844.
CONFESSIONS
PROTESTANTES
Au début, les Cantons-de-l'Est, surtout la région
le long de la frontière, étaient desservis par des
pasteurs itinérants. Les Baptistes, Méthodistes, Universalistes,
Congrégationalistes et plus tard les Adventistes ont tous
joué un rôle dans l'arrivée de Dieu dans les
nouvelles colonies.** Les pasteurs évangélistes organisaient
des réunions là où ça convenait et où
il se trouvait un nombre suffisant de fidèles pour s'assembler
et écouter la Parole. Souvent, cela signifiait se rassembler
dans la maison de quelqu'un. Avec le temps, lorsque des villages
se formaient, on construisait des édifices du culte permanents,
typiquement assez simples d'architecture et d'ornementation et d'habitude
construits en bois.
Les
religions institutionnalisées protestantes - l'Église
d'Angleterre (anglicane) et, à un degré moindre, l'Église
d'Écosse (presbytérienne) - ne commencèrent
à se propager véritablement qu'après l'arrivée
d'un nombre significatif d'immigrants en provenance de Grande-Bretagne
dans les années 1830 et 1840. Contrairement à d'autres
confessions, les Anglicans bénéficiaient de l'appui
du gouvernement. L'église St. Peter's à Cookshire
est l'une des plus pittoresques églises anglicanes dans les
Cantons. Elle fut construite en 1868 d'un matériau inhabituel,
la pierre des champs.
Église anglicane St. Peter's, Cookshire.
(Photo : Collection Farfan)
ÉGLISE
CATHOLIQUE
En raison de l'arrivée d'un grand nombre de Canadiens français
durant la deuxième moitié du 19e siècle et
de la colonisation de larges bandes de terres dans les secteurs
nord et est des Cantons-de-l'Est, l'Église catholique romaine
commença à faire des percées dans la région.
Dès le début du 20e siècle, la plupart des
plus grands villages possédaient une église catholique
et une paroisse correspondante. Plus souvent qu'autrement, l'église
catholique s'avérait l'édifice le plus haut du village.
Contrairement aux églises protestantes plus modestes, plusieurs
églises catholiques étaient construites en brique
ou en pierre. Certaines, telle celle à Tingwick, étaient
assez élaborées. Bien entendu, dans les nouvelles
colonies canadiennes-françaises, il n'existait que des églises
catholiques.
À droit
: Église catholique de Tingwick, construite entièrement
en pierre taillée, datant du début des années
1900. (Photo : Collection Farfan)
CONFESSIONS
EN DÉCROISSANCE
L'importance de la religion dans la vie quotidienne des résidents
des Cantons-de-l'Est a diminué tout comme ailleurs en Amérique
du Nord. En conséquence, plusieurs paroisses (congrégations)
survivent avec difficulté. Il en est ainsi tant pour les
confessions catholiques que pour les diverses confessions protestantes
- en grande partie d'expression anglaise. Pour ce qui est de la
communauté d'expression anglaise, émigration, assimilation,
population vieillissante, assistance décroissante et augmentation
des coûts associés à l'entretien des édifices
religieux ont forcé la fermeture de plusieurs petites églises.
Dans certaines villes et en secteur rural, le nombre de paroissiens
a tellement chuté que les cultes ne se déroulent qu'occasionnellement
- dans certains cas, seulement une ou deux fois par année.
À tout ceci s'ajoute la difficulté - et les dépenses
afférentes - de trouver des pasteurs pour desservir ces petites
communautés. Cependant, plusieurs églises ont réussi
à survivre, tout en préservant leur vocation originale,
certaines avec un tout petit nombre de paroissiens et des cultes
uniquement occasionnels.
ANCIENNES
ÉGLISES
Plusieurs
des églises qui ont fermé leurs portes ont été
vendues et transformées pour d'autres usages. Aujourd'hui,
elles servent de centres communautaires, de salles de concert, d'hôtels
de ville, même de résidences privées, telle
l'ancienne église unie à Farnam's Corners. D'autres,
telle l'église unie à Tomifobia, tombent en ruines,
mais demeurent les témoins de la vitalité d'une communauté
qui y était autrefois établie.
Ancienne
église unie, Farnam's Corners.
(Photo : Matthew Farfan)

Dans leur
ensemble, ces églises - ainsi que lesanciennes églises
- représentent une partie importante de notre patrimoine
architectural et font partie intégrante de notre paysage.
À droit
: Ancienne
église unie, Tomifobia. (Photo : Matthew
Farfan)
** Note : Les confessions méthodiste, congrégationaliste
et presbytérienne (du moins en partie) ont fusionné
dans les années 1920 pour former la l'Église unie
du Canada.
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