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Matthew Farfan
La plupart des
plus anciens villages des Cantons-de-l'Est doivent leur naissance
à la présence d'un moulin. Rappelons-nous, entre autres
Sherbrooke (Hyatt's Mills), Cowansville (Ruiter's Mills) et Rock
Island (Kilborn's Mills). D'autres hameaux tels que Denison's Mills,
Way's Mills et Kinnear's Mills tirent même leur nom de propriétaires
de moulins. Des moulins à grains, à scie et à
laine furent construits le long de rivières et ruisseaux,
partout où le courant de l'eau était suffisant pour
entraîner une roue hydraulique. Ces moulins étaient
essentiels à la survie et le meunier, un homme important
dans tout village.
Moulins
à grains
Certains des plus anciens moulins (comme celui à gauche à
Stanbridge East) survivant dans les Cantons sont des moulins grains
où les céréales étaient moulues. Avant
l'introduction des moulins, les pionniers moulaient leurs céréales
à la main. Ça prenait du temps, manquait d'efficacité
et ne produisait qu'un gruau ou un pain remplis de grumeaux.
Moulin Cornell (Musée Missisquoi), Stanbridge
East. (Photo : Matthew Farfan)
L'arrivée du moulin à grains représente tout
un progrès. La plupart de ces édifices furent bâtis
le long de ruisseaux d'où l'on pouvait construire des barrages
afin de régulariser le débit hydraulique ou près
d'une chute où le courant de l'eau pouvait actionner une
roue à aubes reliée à une paire de meules par
un système d'engrenages et d'axes. Les céréales
étaient placées entre les deux meules, broyées
et moulues en farine. La roue hydraulique constituait une source
d'énergie simple et économique. L'un des premiers
moulins à grains dans les Cantons fut construit par Nicholas
Austin en 1793 à l'embouchure du lac Memphrémagog.
Moulins à
scie
Un moulin à scie s'avérait souvent le deuxième
moulin construit dans un hameau. Avant son introduction, les pionniers
construisaient leur habitation en billots et en planches équarries
à la hache. Mais après l'introduction des moulins
à scie, les madriers et planches sciées au moulin
se trouvèrent en grande demande. Vers 1830, on comptait plus
de trente de ces moulins dans le seul comté de Sherbrooke.
Moulins à
carder
Les moutons constituaient un élément essentiel à
la vie des pionniers. Leurs toisons servaient à produire
la laine. Tondues à chaque printemps, les toisons de laine
étaient lavées pour les débarrasser de leur
gras naturel et des souillures, puis peignées et enfin cardées
afin de démêler les fibres. Procéder manuellement
prenait beaucoup de temps.
Comme les troupeaux
de moutons se multiplièrent sur les fermes et puisqu'une
vague d'immigration d'Écossais dans la région au milieu
du 19e siècle marqua l'augmentation du nombre de fermes d'élevage
d'ovins, on construisit des moulins à laine ou à carder,
afin de répondre à la demande croissante. Avec l'arrivée
de ces moulins, les pionniers pouvaient alors apporter leurs toisons
pour les faire transformer, carder et rouler en ballots, puis ramener
ces derniers à la maison pour les filer au rouet ou les tisser
sur les métiers. Les moulins à carder forment les
précurseurs des grandes manufactures de textile industrielles
que l'on rencontre encore dans plusieurs villes et cités,
à l'exemple de la Paton Manufacturing Company à Sherbrooke,
qui, à son époque, représentait la plus grande
usine textile au Canada.
Aujourd'hui,
un très petit nombre de moulins de l'époque des pionniers
subsistent dans les Cantons. Des centaines ont disparu du paysage
au cours du siècle dernier. En certains endroits, on trouve
encore leurs traces (comme celui à gauche à Massawippi).
Ceux qui ont réussi à survivre constituent un volet
de notre patrimoine bâti très important.
Restes d'un moulin à Massawippi. (Photo :
Matthew Farfan)
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virtuellement ces témoins majeurs de notre patrimoine rural,
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