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Matthew Farfan
Vingt-deux
ponts couverts authentiques existent encore dans les Cantons-de-l'Est.
À ceux-ci, on peut ajouter deux répliques semi-authentiques
d'un cru plus récent. Il y a un siècle, des centaines
de ponts couverts traversaient les rivières dans la région.
La plupart des villages en possédaient au moins un sinon
plusieurs. Ils se dispersaient sur les chemins secondaires, enjambant
les ruisseaux et les rivières de toutes dimensions.
Pont couvert près de Adamsville. (Photo : Matthew Farfan)
Cependant, très peu de ces ponts couverts ont survécu
aux ravages du temps. Le climat rigoureux, les incendies criminels,
les accidents de véhicules, la négligence, les inondations,
le vandalisme occasionnel et le remplacement par des structures
modernes, ont tous fait de nombreuses victimes. Ne serait-ce que
lors de ces quelques dernières années, un nombre alarmant
de ces ponts a disparu. Et certains de ceux qui survivent se trouvent
dans un piètre état. Leur survie ou leur disparition
dépend de notre volonté de les préserver ou
non.
Les gens se
demandent souvent pourquoi les ponts étaient couverts. Certains
croient que les toits étaient conçus pour fournir
un abri aux voyageurs et à leurs chevaux lorsqu'il pleuvait
ou neigeait. D'autres pensent que les parois et le toit des ponts
servaient pour les chevaux afin qu'ils ne voient pas les eaux turbulentes
en dessous. La tradition voulait que les amoureux se donnent rendez-vous
sous les ponts couverts, d'où leur appellation fréquente
de "pont des amoureux". Mais, la vraie raison de couvrir
un pont avec un toit et des murs était beaucoup moins romantique.
Il s'agissait de protéger la structure du pont contre les
intempéries.
Un
simple pont ouvert construit avec des poutres et un tablier possédaient
une espérance de vie assez limitée -dix ou vingt ans.
Après, il commençait à pourrir et à
s'affaisser. Un pont comportant une entretoise (une superstructure
de poutres emboîtées destinées à supporter
tout genre de poids sur son tablier) serait non seulement plus solide
mais durerait également plus longtemps.
Pont couvert, Saint-Isidore-d'Auckland. Brulé
en 2001 (Photo : Matthew Farfan)
Cependant, même si l'affaissement en était retardé,
les intempéries graduellement feraient pourrir le pont. Or,
si le pont était protégé par un toit et des
parois, sa longévité serait prolongée jusqu'à
dix fois plus comparativement à un pont à charpente
ouverte dont les poutres en bois, plancher et entretoise seraient
constamment exposés aux intempéries.
Les ponts couverts
existent depuis des siècles. Les plus anciens survivants se
trouvent en Europe et datent du Moyen Âge. On dit que les colonisateurs
qui vinrent dans le Nouveau-Monde aux 17e et 18e siècles apportèrent
cette technologie avec eux. Ainsi, on construisit des ponts couverts
pratiquement dans toutes les régions des États-Unis,
ainsi qu'au Québec, en Ontario et dans les Maritimes. On doit
aux Américains du 19e siècle d'avoir vraiment perfectionné
la science des ponts couverts. Tout au long des années 1800,
une foule d'inventeurs et d'ingénieurs ont créé
un impressionnant inventaire de modèles de fermes. Ils réalisèrent
que les fermes représentaient la partie la plus importante
du pont. Plus les fermes étaient solides, plus le pont couvert
durait longtemps. Plusieurs de ces hommes donnèrent leur nom
à leur invention tels que Moses Long, Herman Haupt, Theodore
Burr, Peter Paddleford, William Howe, Willis Pratt et Ithiel Town,
pour ne nommer que les concepteurs les plus connus.
Aujourd'hui,
dans les Cantons-de-l'Est, il existe surtout trois types de ponts
couverts qui ont survécu (se référer aux illustrations).
Le plus commun, à "Ferme Town", a été
breveté par Ithiel Town en 1820.

Ferme Town. (Source : Société québécoise
des ponts couverts)
Deux autres
types non brevetés, disparus ailleurs au Québec, sont
celui du type "Ferme à poinçons multiples"
et celui dit "Ferme Howe", d'après le nom de son
inventeur, William Howe.

Ferme à poinçons multiples. (Source
: Société québécoise des ponts couverts)

Ferme Howe. (Source : Société québécoise
des ponts couverts)
La région
compte deux ponts à ferme Howe et trois à ferme à
poinçons multiples. Tous les autres sont construits suivant
des variantes de la ferme Town.
Au Québec,
on ne trouve plus qu'à peine quatre-vingt-dix ponts couverts,
certains construits aussi récemment qu'en 1950. Les Cantons-de-l'Est
recèlent certains des plus anciens et des plus pittoresques
ponts couverts de la province.
Voici une
liste des ponts couverts authentiques dans les Cantons-de-l'Est
:
1) Warwick. (Pont privé). Rivière des Pins. Ferme
Town. 1908
2) Saint-Rémi-de-Tingwick. (Pont privé). Ruisseau
Laflamme. 1904
3) Saint-Éphrem. (Pont privé; déménagé
de son site original après un incendie). Ferme Town. 1933
4) Sainte-Clothilde. Rivière Dupuis-Fortin. Ferme Town. 1937
5) Adamsville. Rivière Yamaska. Ferme Town. 1932
6) Adamsville. Rivière Yamaska. Ferme Town. 1938
7) Mansonville (Potton). Crique Mud. Ferme Town. 1896
8) Compton. Rivière Massawippi. Ferme à poinçons
multiples
9) Eustis (Compton Station). Rivière Massawippi. Ferme à
poinçons multiples. 1908
10) Cookshire. Rivière Eaton. Ferme Town. 1868
11) Canton Eaton. Rivière Eaton Nord. Ferme à poinçons
multiples. 1886
12) Gould. Rivière au Saumon. Ferme Town. 1893
13) Saint-Isodore-d'Aukland. Rivière Eaton. Ferme Town. 1930.
Brulé en 2001
14) Drummondville. Village québécois d'antan. Ferme
Howe. 1878. (Déménagé de Stanbridge-Est en
1983 à son endroit actuel)
15) Sainte-Agathe-de-Lotbinière. Rivière Palmer. Ferme
Town. 1928
16) Sainte-Sophie. Rivière Bulstrode. Ferme Town. 1948
17) Saint-Armand. Crique Groat. Fermes Town. 1845
18) Cowansville. Rivière Yamaska. Ferme Town. v.1870
19) Notre-Dame-de-Stanbridge. Rivière aux Brochets. Ferme
Howe. 1884
20) Valcourt. (Pont privé). Rivière Brady. Ferme Town.
1888
21) Capelton. Rivière Massawippi. Fermes Town et à
poinçons multiples ajoutés. v.1870. Brulé en
2002.
22) Milby. Rivière Moe. Ferme Town. 1873
23) Fitch-Bay. Étranglement du lac Memphrémagog. Ferme
Town. 1881
Ponts couverts
semi-authentiques construits aux endroits suivants :
24) Ulverton. Adjacent au Moulin à laine d'Ulverton. Rivière
Ulverton. Ferme Town à poutres d'acier en I. 1994
25) Coaticook. Situé dans le parc de la Gorge de Coaticook.
Rivière Coaticook. Ferme Town à poutres d'acier en
I. 1998
Visitez l'un ou tous les ponts couverts historiques dans la région.
Les organismes suivants présentent des ponts couverts sur
les lieux ou tout près :
Village québécois
d'antan, Mines
Capelton, Moulin
à laine d'Ulverton
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