Dany
Jacques
Le Reflet du Lac (reproduit avec permission)
La direction du domaine de 200 acres a accordé la permission
au représentant du Reflet du Lac d'y effectuer une petite visite
en compagnie de l'historien Jacques Boisvert. La condition : ne dévoiler
aucun nom des membres, ni de prendre des photos des 44 charmantes
et luxueuses résidences érigées en bordure du
lac.
Le Club Hermitage
est un havre de paix. Une fois franchi la barrière de l'unique
entrée et sortie, qui indique en grosse lettre son caractère
privé, on aperçoit des majestueuses propriétés
construites sur des terrains boisés et espacés. L'architecture
rappelle la Nouvelle-Angleterre, à l'exception de quelques
châteaux modernes qui cadre moins avec l'environnement.
Premier bâtiment principal du Club Hermitage,
détruit par
un incendie en 1928. (Photo : Gracieuseté du Reflet du Lac)
La direction
demeure muette sur l'identité de ses membres. Le journaliste
à la retraite Gilles Dallaire qualifiait le domaine comme
"un refuge doré du gratin de la noblesse d'argent québécoise."
Quelques présidents, actionnaires et directeurs d'importantes
compagnies québécoises y possèdent une ou des
résidences. Plusieurs collègues de la finance, ayant
un pied à terre autour du lac Memphrémagog, y sont
également membres et ont accès aux services du club,
comme le nautisme, le golf de neuf trous et les quatre terrains
de tennis. Quelques membres et résidants y sont aussi depuis
quelques générations puisque les propriétés
sont transmises de parents à enfants.
Ne devient pas
membres qui veut dans ce club huppé. Plus de 200 familles figurent
sur l'impressionnante liste de membres. Les salaires et les revenus
moyens y sont probablement disproportionnés. Des ébauches
de transactions ont sûrement été élaborées
sur les verts ou dans le bâtiment principal du club.
La
direction demeure discrète sur les critères d'admissibilité
au sein du club sélect. Elle s'en tient au nombre de 200
familles (du Québec et même d'outre-mer) et ne souhaite
pas nécessairement atteindre le millier de membres. On sait
toutefois que les cotisations des membres permettent de financer
les activités du club et d'assumer les coûts d'entretien.
Le "club house" a été remplacé
par celui-ci au coût d'environ 55 000 $, en 1928. (Photo :
Reflet
du Lac / Dany Jacques)
D'hier à
aujourd'hui, selon un texte du journaliste Gilles Dallaire, "seuls
les gens à l'aise pouvaient devenir membre de ce club huppé
et encore fallait-il faire partie du réseau d'amis, de connaissances
ou de relations d'affaires des autres membres et être accepté
par la majorité d'entre eux, de surcroît."
Selon l'historien
Jacques Boisvert, c'est Arthur Fisk qui, en 1911, est le concepteur
d'un projet de golf avec un "club house" central entourés
de chalets. Il s'associe à un groupe d'hommes d'affaires,
"The Ross Realty Co." pour acquérir la ferme "The
Hermitage", nommée ainsi par un ancien propriétaire,
le Major Thompson, capitaine au port de Québec.
Les deux entités
forment ensuite une société du nom de "The Hermitage
Land Co.," qui reçoit ses lettres patentes le 14 mai
1912. La
résidence de la ferme est agrandie pour aménager le
premier "club house," qui a été détruit
par un incendie le 16 janvier 1928. Le terrain de golf est considéré
comme l'un des plus ancien au pays. Le
domaine était d'abord un lieu de villégiature, mais
plusieurs résidences sont aujourd'hui habitables durant les
quatre saisons. Quelques-unes demeurent toutefois placardées,
étant seulement une résidence d'été
pour les biens nantis.
Jadis, les membres
venaient de Montréal en train et traversaient le lac Memphrémagog
en bateau pour atteindre le Club Hermitage. Aujourd'hui, à
l'ère d'Internet et de la mondialisation, le Club est presque
devenu une succursale de la Bourse de Montréal!
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