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L'HORLOGE PUBLIQUE
(23 juillet 2002)

 
Matthew Farfan

Saint-Imier, Suisse.  (Photo : Collection Farfan)TRADITION EUROPÉENNE
Les Européens se sont toujours montrés fervents d'horloges publiques. On n'a qu'à visiter le centre-ville de presque toute grande ville, ville ou village pour admirer les horloges, souvent magnifiques et très élaborées qui ornent des édifices publics de mille façons. Certaines de ces horloges datent du Moyen-Âge et constituent aujourd'hui des attractions touristiques célèbres.

Saint-Imier, Suisse.

Les Victoriens et les Édouardiens étaient particulièrement fascinés par les horloges; durant leurs heures de gloire, on a assisté à la renaissance de l'horloge publique des deux côtés de l'Atlantique. Moins fréquente que dans le paysage européen, l'horloge publique en Amérique du Nord est vraiment devenue à la mode vers la fin des années 1800. Les Cantons-de-l'Est n'ont pas échappé à cet engouement; plusieurs villes installèrent des horloges. Certaines villes, telle Lac-Mégantic (ci-dessous), se glorifient d'en posséder plusieurs.

POINT DE REPÈRE DU VILLAGE
L'horloge publique, évidemment, servait à toute fin pratique à indiquer l'heure aux passants -particulièrement utile pour ceux qui avaient oublié leur montre de gousset. Mais elle servait également de point de repère du village, un point de référence et un symbole de fierté municipale. En effet, les horloges publiques constituaient un symbole de statut pour une communauté, un signe que la ville avait atteint un certain niveau de prospérité, qu'il existait une grande activité à cet endroit.

Lac-Mégantic, v.1910.  Notez les trois horloges : une en haut du bureau de poste, une en haut du clocher de l'église, et une en haut d'un magasin. Toutes les trois indiquent une heure différente!  (Photo : Collection Farfan)MÉCANISMES SOPHISTIQUÉS
Les horloges publiques n'étaient pas bon marché. Les meilleurs modèles pouvaient coûter une petite fortune. Les mécanismes spécialisés requis pour les faire fonctionner étaient gros, lourds et souvent compliqués à assembler. Les horloges publiques avaient aussi besoin de se faire remonter constamment et d'un entretien régulier. Il n'est pas surprenant que tout petit village n'avait pas les moyens de s'en procurer une.

Lac-Mégantic, v.1910. Notez les trois horloges : une en haut du bureau de
poste, une en haut du clocher de l'église, et une en haut d'un magasin.
Toutes les trois indiquent une heure différente!


L'horloge du bureau de poste à Rock Island (photos ci-dessous), comporte un mécanisme typique de ceux utilisés dans plusieurs édifices publics au tournant du siècle. Importée d'Angleterre, elle fut fabriquée par Midland Clockworks au Derbyshire.

Intérieur de la tour de l'horloge. Bureau de poste de Rock Island. (Photo : Matthew Farfan)Vue de l'intérieur, envers du cadran. Bureau de poste de Rock Island.  (Photo : Matthew Farfan)Mécanisme de l'horloge du Bureau de poste de Rock Island. (Photo : Matthew Farfan)









Horloge et mécanisme au Bureau de poste de Rock Island.

ÉGLISE ET ÉTAT
Les horloges publiques les plus fréquentes dans les Cantons se trouvent sur les édifices De l'autre côté de la rue en face du Bureau de poste, s'élève le clocher de l'église Stanstead South United (1875). (Photo : Matthew Farfan)gouvernementaux ou, moins fréquemment, surles clochers des églises. Dès la fin des années 1800 et Église Centenary United (1866), Stanstead.  Le clocher comporte quatre cadrans. Celui face à la rue porte le nom d'un généreux bienfaiteur -- le marchand local Wilder Pierce -- au lieu des traditionels chiffres romains.  (Photo : Matthew Farfan)atteignant un point culminant tout juste après le tournant du siècle, le gouvernement fédéral construisit une série d'édifices prestigieux en pierre et en brique rouge dans des villes un peu partout dans les Cantons-de-l'Est.

À gauche : De l'autre côté de la rue en face du Bureau de poste, s'élève le clocher de l'église Stanstead South United (1875).

À droit : Église Centenary United (1866), Stanstead. Le clocher comporte quatre cadrans. Celui face à la rue porte le nom d'un généreux bienfaiteur -- le marchand local Wilder Pierce -- au lieu des traditionels chiffres romains.



IMPOSANTES MAIS FONCTIONNELLES

Quel merveilleuse façon pour le gouvernement de faire sentir sa présence dans une ville provinciale un peu endormie que de bâtir un point de repère impressionnant comportant une horloge éclairée montée dans une tour!Ancien édifice fédéral (1885), Sherbrooke. Abrite la Société d'histoire de Sherbrooke . (Photo : Collection Farfan)

Selon la Société d'histoire de Sherbrooke (photo à droite), le département des Travaux publics possédait une vision bien spécifique sur le sujet : ces édifices devaient être magnifiques, imposants et fonctionnels; ils devaient également s'harmoniser avec leur environnement. Les résultats furent souvent très originaux et se dressent encore à Sherbrooke, Coaticook et en d'autres endroits.

À droit : Ancien édifice fédéral (1885), Sherbrooke. Abrite la Société d'histoire de Sherbrooke .

Bureau de poste de Rock Island (1912). L'édifice a aussi abrité des Douanes. (Photo : Matthew Farfan)LEVEZ LES YEUX!
L'horloge publique nous vient tout droit du passé des Cantons-de-l'Est. Cependant, vous trouverez plusieurs exemples pittoresques de ces magnifiques horloges tout au long de votre circuit. Gardez les Bibliothèque de Lennoxville Library.   Façade art déco typique des années 1930. (Photo : Matthew Farfan)yeux ouverts et levez la tête car ce n'est qu'après avoir fait attention à ces magnifiques horloges qu'on peut vraiment commencer à les admirer.

À gauche : Bureau de poste de Rock Island (1912). L'édifice a aussi abrité des Douanes.

À droit : Bibliothèque de Lennoxville Library. Façade art déco typique des années 1930.



Tour d'horloge,  abbaye St-Benoît-du-lac. (Photo : Matthew Farfan)À gauche :
Tour d'horloge, abbaye St-Benoît-du-lac.

 


(Photos : Matthew Farfan / Collection Farfan)

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