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MUSÉE MISSISQUOI :
QUE VIVE LA MÉMOIRE DES LOYALISTES À STANBRIDGE EAST

(14 août 2002)
 

Matthew Farfan

Moulin Cornell, vu de la rivière aux Brochets.  (Photo : Matthew Farfan)UN MUSÉE DANS UN MOULIN
Le musée Missisquoi à Stanbridge East c'est tout un attrait lors d'une randonnée dans le comté de Missisquoi. Le musée loge dans le moulin historique Cornell au centre du village et se déploie sur les différents étages de ce vieil édifice. Construit entièrement en brique et en pierre des champs typiques du comté de Missisquoi, l'édifice jouxte la banque de la rivière aux Brochets tout comme à l'époque de sa construction en 1830.

Moulin Cornell, vu de la rivière aux Brochets.
(Photo : Matthew Farfan)


Les murs penchent et sont fendillés en plusieurs endroits. On peut voir les sections de brique ou de mortier réparées aux différentes époques de la longue vie de l'édifice. Sur le côté du moulin, au-dessus de la rivière et du barrage, tourne encore, une roue à aubes tranquillement. C'est l'été et le courant dans la rivière n'est pas très fort.Heather Darch, conservatrice du musée (centre) et employées. (Photo : Matthew Farfan)

À l'intérieur du musée, on sent l'odeur du bois qui ancien - pas étonnant dans un moulin de cette cuvée! En effet, un musée dans un moulin pose des problèmes particuliers pour les professionnels qui le gèrent. Il y a quelques années, au printemps, la rivière a débordé de son lit et s'est infiltrée dans les niveaux inférieurs de l'édifice. Un castor y a élu domicile, entre les vieilles reprises en sous-œuvre de poutres et montants.

Heather Darch, conservatrice du musée (centre) et employées.
(Photo : Matthew Farfan)


Affichant une attitude décontractée que tant de visiteurs à Stanbridge East trouvent charmante, la conservatrice du musée, Heather Darch, rit de l'incident. "Un matin, nous avons ouvert la trappe du sous-sol et à notre grande surprise, nous avons vu un gros castor aux yeux bruns qui squattait sur une meule du moulin - assis bien droit et nous regardant hardiment. Alors, nous nous sommes demandés ce qu'il trouverait à manger dans cette cave, ajoute la conservatrice avec un large sourire!" Heureusement, après quelques jours, l'intrus s'en est retourné discrètement d'où il était venu, probablement par une fente quelque part.

LES ARTÉFACTS D'ABORD
Malgré toutes ses bizarreries, le musée Missisquoi réussit à atteindre un degré de professionnalisme remarquable. Par exemple, une visite de l'annexe de l'administration sur le côté ouest du moulin révèle les méthodes consciencieuses et systématiques de la gestion de l'établissement, utilisées par le personnel, minime, et le conseil d'administration bénévole. Partout et en évidence, on observe des appareils de contrôle d'humidité, de l'environnement et des équipements d'entreposage sans acide. Tous les objets, du chapeau haut-de-forme aux poupées en porcelaine à la mine réjouie, attendent d'être soigneusement classifiés et entreposés dans un environnement aussi neutre que possible.

Sans aucun doute, l'espace est plutôt restreint pour les membres du personnel dans les coulisses du musée. Mais tous ceux qui travaillent ici savent que la priorité est accordée aux artéfacts. La conservatrice Darch aborde la situation sans se décontenancer. "Quatre personnes travaillent dans mon tout petit bureau. Je dois enjamber un éventail et une boîte pour sortir." Mais les espaces publics du musée Missisquoi sont assez vastes et c'est ce qui compte pour la plupart des visiteurs. Il est manifeste que la conservatrice et le personnel adorent le musée et ses collections et qu'ils prennent leurs responsabilités très à cœur en tant que gardiens de l'histoire de la région.

Uniforme rouge de TenEyck. (Photo : Musée Missisquoi)DEPUIS 1899
Au moulin Cornell depuis 1964 - une plaque en bronze indique le moment du transfert -, la Société d'histoire de Missisquoi, fondée en 1899, gère le musée. L'une des plus anciennes sociétés d'histoire dans les Cantons-de-l'Est, la Société s'est donnée une mission claire : conserver et promouvoir l'histoire de cette région des Cantons-de-l'Est, en mettant un accent particulier sur les origines United Empire Loyalist de la région.

Uniforme rouge de TenEyck.
(Photo : Musée Missisquoi)

PRÉCIEUX UNIFORME ROUGE
Aux différents étages du musée, les visiteurs découvriront certains des plus précieux objets issus du passé de la région de Missisquoi. L'un des plus précieux, un uniforme rouge, fut porté par Hendrick TenEyck pendant la Révolution américaine lorsqu'il s'est échappé pour éviter d'être refoulé vers l'armée britannique. Un autre objet très précieux, le drapeau des Home Guards de Missisquoi, troupe qui a défendu la frontière canadienne contre les Fenians lors de la bataille d'Eccles Hill en 1870. Voilà la dernière fois où le pays fut envahi!

Cirque de Millard (détail).  (Photo : Musée Missisquoi)Un exposition particulièrement intéressante présente 500 miniatures en bois sculptées à la main et finement peintes qui représentent un cirque ambulant, réalisées avec amour par un mari et son épouse, Charles et Florence Millard dans les années 1920.

Cirque de Millard (détail). (Photo : Musée Missisquoi)

Monsieur Millard était inspecteur aux Douanes canadiennes; un jour, il fut saisi d'inspiration lors du passage du cirque Barnum and Bailey à la frontière au poste de Sutton. Il en est résulté une œuvre majeure d'art naïf qui procure encore une immense joie chez les visiteurs, jeunes et moins jeunes.

Magasin Hodge.  (Photo : Matthew Farfan)MAGASIN HODGE
En fait, le musée Missisquoi comporte trois sites en un. À une foulée le long de la rue River, se trouve le magasin Hodge. Construit vers 1840, ce petit édifice singulier en brique rouge a abrité un magasin général pendant trois générations. Selon l'historien et résident de l'endroit, Brian Young, "Hodge refusait de vendre des cigarettes mais gardait de bonnes provisions de tabac à mâcher et avait bien disposé des crachoirs pour les badauds dans son magasin."

Magasin Hodge. (Photo : Matthew Farfan)

Le magasin servait aussi de pharmacie, de bureau de poste et certainement de moulin à rumeurs du village. Hodge a fermé son magasin en 1972; la famille a légué l'édifice et tout son contenu à la société d'histoire, à condition que le magasin soit préservé tel qu'il était.

Intérieur du magasin Hodge. (Photo : Matthew Farfan)Le magasin Hodge est tellement authentique qu'on a l'impression que le patron vient de sortir pour un instant. Des plus surprenants, la plupart des marchandises sur les tablettes date de la Deuxième Guerre et certaines d'aussi loin que du tournant du 20e siècle. La marchandise ne s'envolait peut-être quand même pas si vite des tablettes! De fait, il se trouve des piles de calendriers qui datent des années 1940; les cartes postales dans les présentoirs sont les mêmes qui étaient à vendre il y a plus d'un demi-siècle!

À droit : Intérieur du magasin Hodge. (Photo : Matthew Farfan)


Comptoir du magasin. (Photo : Musée Missisquoi)Les guides du musée se font toujours un plaisir d'accompagner les visiteurs jusqu'au magasin Hodge et de les laisser fouiner parmi les annonces de denrées sèches et les boîtes en fer-blanc d'aliments et de café, qui meublent encore les tablettes. Quel endroit agréable! Le musée gère un autre site, la grange Bill, un peu plus loin le long de la rue. Cette grange abrite une collection fascinante d'instruments aratoires des temps jadis.

En bas : Comptoir du magasin.
(Photo : Musée Missisquoi)




STANBRIDGE EAST : UNE PROMENADE DANS LE PASSÉ

En se promenant le long des rues à Stanbridge East, on est surpris de voir que rien ne semble avoir beaucoup changé depuis à peu près un siècle. Le magasin général Blinn, construit en déclin en 1898, est un bâtiment hétéroclite sur la rue River tout près du moulin. Ses tablettes présentent encore des produits de quincaillerie et autres objets d'utilisation courante.

En d'autres endroits le long de la rue, on peut voir des maisons qui, il n'y a pas si longtemps, logeaient un atelier de bourrelier, un salon de barbier, un cordonnier et autres artisans commerçants. En face du musée, de l'autre côté de la rue, se trouve l'ancienne Baker-Gilmour Bank, un édifice imposant de style néoclassique construit en 1861, qui fut converti en église catholique il y a cinquante ans, alors qu'on n'avait plus besoin d'une banque locale. Aujourd'hui transformé en restaurant, l'édifice présente une façade et un portique dominés par des colonnes ioniques, symboles classiques de l'ordre.

Ancienne banque transformée en église catholique, aujourd'hui un restaurant. (Photo : Matthew Farfan)De grands érables bordent les rues somnolentes du village. Ici et là sont construites des maisons en brique et déclin qui datent de près de deux siècles. Près du moulin, de l'autre côté de la rivière, se trouve l'ancien Hôtel Cecil, construit en 1849, qui offre des spiritueux encore aujourd'hui. Près du pont sur la rue Caleb, la maison Palmer (1847), une résidence inhabituelle aux pignons carrés a été construite en brique rouge locale. On dit que ce style a été importé par des pionniers dont les ancêtres provenaient de Hollande.

Ancienne banque transformée en église catholique, aujourd'hui un restaurant.
(Photo : Matthew Farfan)

Maison Palmer. (Photo : Matthew Farfan)À l'écart de la route principale, Stanbridge East semble, à plusieurs points de vue, être aussi à l'écart du temps aussi. À juste titre, le village est considéré comme l'un des plus jolis dans les Cantons et il mérite largement une visite. Pour tout autre renseignement sur le musée Missisquoi, cliquez ici.

Maison Palmer.
(Photo : Matthew Farfan)

 

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