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Matthew Farfan
UN
MUSÉE DANS UN MOULIN
Le musée Missisquoi à Stanbridge East c'est tout un
attrait lors d'une randonnée dans le comté de Missisquoi.
Le musée loge dans le moulin historique Cornell au centre
du village et se déploie sur les différents étages
de ce vieil édifice. Construit entièrement en brique
et en pierre des champs typiques du comté de Missisquoi,
l'édifice jouxte la banque de la rivière aux Brochets
tout comme à l'époque de sa construction en 1830.
Moulin Cornell, vu de la rivière aux Brochets.
(Photo : Matthew Farfan)
Les murs penchent et sont fendillés en plusieurs endroits.
On peut voir les sections de brique ou de mortier réparées
aux différentes époques de la longue vie de l'édifice.
Sur le côté du moulin, au-dessus de la rivière
et du barrage, tourne encore, une roue à aubes tranquillement.
C'est l'été et le courant dans la rivière n'est
pas très fort.
À
l'intérieur du musée, on sent l'odeur du bois qui
ancien - pas étonnant dans un moulin de cette cuvée!
En effet, un musée dans un moulin pose des problèmes
particuliers pour les professionnels qui le gèrent. Il y
a quelques années, au printemps, la rivière a débordé
de son lit et s'est infiltrée dans les niveaux inférieurs
de l'édifice. Un castor y a élu domicile, entre les
vieilles reprises en sous-uvre de poutres et montants.
Heather Darch, conservatrice du musée (centre)
et employées.
(Photo : Matthew Farfan)
Affichant une attitude décontractée que tant de visiteurs
à Stanbridge East trouvent charmante, la conservatrice du
musée, Heather Darch, rit de l'incident. "Un matin,
nous avons ouvert la trappe du sous-sol et à notre grande
surprise, nous avons vu un gros castor aux yeux bruns qui squattait
sur une meule du moulin - assis bien droit et nous regardant hardiment.
Alors, nous nous sommes demandés ce qu'il trouverait à
manger dans cette cave, ajoute la conservatrice avec un large sourire!"
Heureusement, après quelques jours, l'intrus s'en est retourné
discrètement d'où il était venu, probablement
par une fente quelque part.
LES ARTÉFACTS
D'ABORD
Malgré toutes ses bizarreries, le musée Missisquoi
réussit à atteindre un degré de professionnalisme
remarquable. Par exemple, une visite de l'annexe de l'administration
sur le côté ouest du moulin révèle les
méthodes consciencieuses et systématiques de la gestion
de l'établissement, utilisées par le personnel, minime,
et le conseil d'administration bénévole. Partout et
en évidence, on observe des appareils de contrôle d'humidité,
de l'environnement et des équipements d'entreposage sans
acide. Tous les objets, du chapeau haut-de-forme aux poupées
en porcelaine à la mine réjouie, attendent d'être
soigneusement classifiés et entreposés dans un environnement
aussi neutre que possible.
Sans aucun doute,
l'espace est plutôt restreint pour les membres du personnel
dans les coulisses du musée. Mais tous ceux qui travaillent
ici savent que la priorité est accordée aux artéfacts.
La conservatrice Darch aborde la situation sans se décontenancer.
"Quatre personnes travaillent dans mon tout petit bureau. Je
dois enjamber un éventail et une boîte pour sortir."
Mais les espaces publics du musée Missisquoi sont assez vastes
et c'est ce qui compte pour la plupart des visiteurs. Il est manifeste
que la conservatrice et le personnel adorent le musée et
ses collections et qu'ils prennent leurs responsabilités
très à cur en tant que gardiens de l'histoire
de la région.
DEPUIS
1899
Au moulin Cornell depuis 1964 - une plaque en bronze indique le
moment du transfert -, la Société d'histoire de Missisquoi,
fondée en 1899, gère le musée. L'une des plus
anciennes sociétés d'histoire dans les Cantons-de-l'Est,
la Société s'est donnée une mission claire
: conserver et promouvoir l'histoire de cette région des
Cantons-de-l'Est, en mettant un accent particulier sur les origines
United Empire Loyalist de la région.
Uniforme rouge de TenEyck.
(Photo : Musée Missisquoi)
PRÉCIEUX
UNIFORME ROUGE
Aux différents étages du musée, les visiteurs
découvriront certains des plus précieux objets issus
du passé de la région de Missisquoi. L'un des plus
précieux, un uniforme rouge, fut porté par Hendrick
TenEyck pendant la Révolution américaine lorsqu'il
s'est échappé pour éviter d'être refoulé
vers l'armée britannique. Un autre objet très précieux,
le drapeau des Home Guards de Missisquoi, troupe qui a défendu
la frontière canadienne contre les Fenians lors de
la bataille d'Eccles Hill en 1870. Voilà la dernière
fois où le pays fut envahi!
Un
exposition particulièrement intéressante présente
500 miniatures en bois sculptées à la main et finement
peintes qui représentent un cirque ambulant, réalisées
avec amour par un mari et son épouse, Charles et Florence
Millard dans les années 1920.
Cirque de Millard (détail). (Photo : Musée
Missisquoi)
Monsieur Millard était inspecteur aux Douanes canadiennes;
un jour, il fut saisi d'inspiration lors du passage du cirque Barnum
and Bailey à la frontière au poste de Sutton.
Il en est résulté une uvre majeure d'art naïf
qui procure encore une immense joie chez les visiteurs, jeunes et
moins jeunes.
MAGASIN
HODGE
En fait, le musée Missisquoi comporte trois sites en un.
À une foulée le long de la rue River, se trouve le
magasin Hodge. Construit vers 1840, ce petit édifice singulier
en brique rouge a abrité un magasin général
pendant trois générations. Selon l'historien et résident
de l'endroit, Brian Young, "Hodge refusait de vendre des cigarettes
mais gardait de bonnes provisions de tabac à mâcher
et avait bien disposé des crachoirs pour les badauds dans
son magasin."
Magasin Hodge. (Photo : Matthew Farfan)
Le magasin servait aussi de pharmacie, de bureau de poste et certainement
de moulin à rumeurs du village. Hodge a fermé son
magasin en 1972; la famille a légué l'édifice
et tout son contenu à la société d'histoire,
à condition que le magasin soit préservé tel
qu'il était.
Le
magasin Hodge est tellement authentique qu'on a l'impression que
le patron vient de sortir pour un instant. Des plus surprenants,
la plupart des marchandises sur les tablettes date de la Deuxième
Guerre et certaines d'aussi loin que du tournant du 20e siècle.
La marchandise ne s'envolait peut-être quand même pas
si vite des tablettes! De fait, il se trouve des piles de calendriers
qui datent des années 1940; les cartes postales dans les
présentoirs sont les mêmes qui étaient à
vendre il y a plus d'un demi-siècle!
À
droit : Intérieur du magasin
Hodge. (Photo : Matthew Farfan)
Les
guides du musée se font toujours un plaisir d'accompagner
les visiteurs jusqu'au magasin Hodge et de les laisser fouiner parmi
les annonces de denrées sèches et les boîtes
en fer-blanc d'aliments et de café, qui meublent encore les
tablettes. Quel endroit agréable! Le musée gère
un autre site, la grange Bill, un peu plus loin le long de la rue.
Cette grange abrite une collection fascinante d'instruments aratoires
des temps jadis.
En
bas : Comptoir du magasin.
(Photo : Musée Missisquoi)
STANBRIDGE EAST : UNE PROMENADE DANS LE PASSÉ
En se promenant le long des rues à Stanbridge East, on est
surpris de voir que rien ne semble avoir beaucoup changé
depuis à peu près un siècle. Le magasin général
Blinn, construit en déclin en 1898, est un bâtiment
hétéroclite sur la rue River tout près du moulin.
Ses tablettes présentent encore des produits de quincaillerie
et autres objets d'utilisation courante.
En d'autres
endroits le long de la rue, on peut voir des maisons qui, il n'y
a pas si longtemps, logeaient un atelier de bourrelier, un salon
de barbier, un cordonnier et autres artisans commerçants.
En face du musée, de l'autre côté de la rue,
se trouve l'ancienne Baker-Gilmour Bank, un édifice
imposant de style néoclassique construit en 1861, qui fut
converti en église catholique il y a cinquante ans, alors
qu'on n'avait plus besoin d'une banque locale. Aujourd'hui transformé
en restaurant, l'édifice présente une façade
et un portique dominés par des colonnes ioniques, symboles
classiques de l'ordre.
De
grands érables bordent les rues somnolentes du village. Ici
et là sont construites des maisons en brique et déclin
qui datent de près de deux siècles. Près du
moulin, de l'autre côté de la rivière, se trouve
l'ancien Hôtel Cecil, construit en 1849, qui offre des spiritueux
encore aujourd'hui. Près du pont sur la rue Caleb, la maison
Palmer (1847), une résidence inhabituelle aux pignons carrés
a été construite en brique rouge locale. On dit que
ce style a été importé par des pionniers dont
les ancêtres provenaient de Hollande.
Ancienne banque transformée en église
catholique, aujourd'hui un restaurant.
(Photo : Matthew Farfan)
À
l'écart de la route principale, Stanbridge East semble, à
plusieurs points de vue, être aussi à l'écart
du temps aussi. À juste titre, le village est considéré
comme l'un des plus jolis dans les Cantons et il mérite largement
une visite. Pour tout autre renseignement sur le musée Missisquoi,
cliquez
ici.
Maison Palmer.
(Photo : Matthew Farfan)
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