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UN COUP D'ŒIL SUR LE PATRIMOINE DE STANSTEAD
(14 février 2003)
 

Matthew Farfan

Toute personne férue d'histoire et d'une riche architecture adorera Stanstead. Située à la frontière des États-Unis, face à Derby Line au Vermont, la ville de Stanstead fut créée en 1995 suite à l'union des "Trois Villages" de Stanstead Plain, Rock Island et Beebe-Plain.

Maison Colby. Stanstead Plain, v. 1910. (Photo : Collection Farfan) Stanstead s'avère l'une des villes les plus intéressantes des Cantons-de-l'Est. Fondée par des pionniers en provenance de la Nouvelle-Angleterre dans les années 1790, Stanstead grandit en importance pour devenir le dernier arrêt sur sol canadien de la diligence reliant Québec à Boston.

Maison Colby. Stanstead Plain, v. 1910.
(Photo : Collection Farfan)


Avec les années, la ville devint le noyau d'une société distinguée et le lieu de résidence de familles bien nanties. La banque, le Conseil de comté, l'éducation, le chemin de fer, les manufactures et l'industrie du granit (encore l'employeur le plus important) ont tous contribué de façon significative au développement de Stanstead.
Grâce à son passé coloré, Stanstead peut s'enorgueillir de nombreuses résidences et établissements patrimoniaux.

La rue Dufferin à Stanstead Plain a déjà reçu le titre de "musée en plein air." Des maisons magnifiques bordent cette rue et témoignent des racines en Nouvelle-Angleterre des fondateurs de la ville. Carrollcroft (1859), anciennement résidence de Charles Colby, abrite maintenant le Musée Colby-Curtis. Charles Colby était ministre dans le cabinet de Sir John A. Macdonald, premier Premier ministre du Canada.

La maison Butters (1866), la maison Amsden (1846), le magasin Wilder Pierce (devenu le Bureau des douanes par la suite) (1813) et plusieurs Eastern Townships Bank, 1904. (Photo : Collection Farfan) autres sites offrent un circuit des plus intéressants. Également le long de la rue Dufferin se trouvent de nombreuses églises : Sacré-Cœur (1917), Christ Church (1858) et Centenary (1866). La loge maçonnique Golden Rule (1860) est l'une des plus anciennes au Québec. Autres édifices remarquables : le Stanstead College (1873), le Collège des Ursulines (1881) et l'ancien bureau de poste de Stanstead Plain (1935) à façade en granit, depuis transformé en café.

À droit : La Eastern Townships Bank, 1904. (Photo : Collection Farfan)

À Rock Island, les visiteurs devraient prendre le temps d'admirer les chutes de la rivière Douanes. Rock Island, v. 1950. (Photo : Collection Farfan)Tomifobia. Elles sont particulièrement impressionnantes au printemps. Le centre-ville de Rock Island a conservé maints témoins de l'histoire architecturale, y compris l'ancienne Eastern Townships Bank (1904) aux superbes colonnes en granit et à la façade classique. À proximité immédiate, les anciennes Douanes (1929) abritent aujourd'hui un restaurant; l'ancienne Southern Canada Power Company (1930) accueille maintenant une succursale de la Société des alcools.

Douanes. Rock Island, v. 1950.
(Photo : Collection Farfan)


De l'autre côté de la passerelle se dessine la tour de l'horloge de l'ancien bureau de poste Rock Island (1912), aujourd'hui le Bureau de développement de Ancien bureau de poste. Rock Island. (Photo : Matthew Farfan)Stanstead.
Rock Island comporte deux églises, une, moderne, Notre-Dame, qui a conservé son clocher datant de 1916 et l'autre, néogothique, Stanstead South United (1876). "Lee Farm," sur le boulevard Notre-Dame, date de 1810 et servit de résidence à Lady Henrietta Banting dont l'époux, Sir Frederick Banting, a obtenu le prix Nobel en 1923 pour sa découverte de l'insuline. Rock Island comporte trop de magnifiques maisons pour toutes les nommer ici. Mais puisque c'est une ville frontalière, toute visite devrait comprendre un coup d'œil à certains des édifices "internationaux," construits à cheval sur la frontière du Canada et des États-Unis. Le plus connu reste la Bibliothèque et Opéra Haskell.

À droit : Ancien bureau de poste. Rock Island. (Photo : Matthew Farfan)

Achevé en grandes pompes en 1904, il est classé site historique international et attire des visiteurs de partout dans le monde. Citée dans le livre de Ripley "Believe It Or Not," c'est la seule bibliothèque Scène, Bibliothèque et Opéra Haskell. (Photo : Don Whipple)et salle d'opéra chevauchant une frontière internationale. L'entrée, le bureau de prêts et la majorité des 400 sièges de la salle d'opéra se trouvent aux États-Unis, alors que les livres de la bibliothèque et la scène de la salle d'opéra se trouvent au Canada. Chaque été, l'Opéra Haskell présente toute une série de concerts et de pièces de théâtre. Les visiteurs n'ont pas besoin de se déclarer aux bureaux douaniers mais pourront remarquer la borne frontalière en granit sur le coin de l'édifice.

Scène, Bibliothèque et Opéra Haskell.
(Photo : Don Whipple)

La rue Railroad serpente à travers Rock Island en direction de Beebe, le troisième des anciens "Trois Villages" qui forment le Stanstead actuel. L'usine Butterfield, manufacture massive en brique qui longe la route, fut construite directement sur la frontière, tout comme la Bibliothèque et Opéra Haskell. Les employés provenaient du Canada ainsi que des États-Unis. Tout près, se trouve le quartier "Petite Tokyo" ainsi surnommé encore par plusieurs résidents; "Tokyo" avait été conçue comme zone d'habitation pour les travailleurs des manufactures locales. Ici, les maisons sont minuscules et serrées les unes contre les autres comme dans une grande ville.

Rue Canusa. Beebe. (Photo : Matthew Farfan)Lorsque la rue Railroad devient la rue Canusa, les visiteurs se trouvent à Beebe-Plain. Canusa constitue une autre curiosité locale. De fait, la rue se trouve coupée en deux par la frontière. Les maisons sur un côté se trouvent aux États-Unis alors que celles de l'autre côté se trouvent au Canada - d'où son nom C-A-N-U-S-A.

Rue Canusa. Beebe.
(Photo : Matthew Farfan)

Au bout de la rue Canusa, se trouvent les douanes du Canada et des États-Unis. Immédiatement en face, se trouve un édifice massif en granit, lui aussi coupé en deux par la frontière. Magasin construit dans les années 1820, ce bâtiment a, pendant un certain temps, abrité le seul bureau de poste international au monde. Il comptait un seul maître de poste mais deux portes et deux comptoirs postaux : chacun desservait les clients d'un pays différent. À côté, la maison en brique rouge (v. 1820) a déjà été la résidence de Horace Stewart, l'un des plus riches marchands en ville.

Ancien bureau de poste double. Beebe, v. 1904. (Photo : Collection Farfan)
La pittoresque rue Principale à Beebe a su conserver son charme villageois. Comme à Stanstead-Plain et Rock Island, Beebe présente sa part d'architecture patrimoniale. La Banque de Commerce, anciennement Eastern Townships Bank (1909) a déjà logé une académie. À côté, construite en angle avec la rue, se trouve l'ancienne gare du Massawippi Valley Railway (v. 1870), aujourd'hui une résidence privée.

À droit : Ancien bureau de poste double. Beebe, v. 1904. (Photo : Collection Farfan)

Parmi les autres édifices dignes de mention, citons les églises : Advent Christian (1866), Wesley United (1891) et l'église catholique Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus (1929). L'ancienne Baptist Church (1882) a été convertie en résidence privée. Également à Beebe, se trouve le camp de l'Advent Christian, ancien lieu de prédication mais aussi celui d'un camp biblique depuis 1874. Les maisonnettes sont vieillottes mais plusieurs sont d'origine.

On peut trouver une carte détaillée du circuit patrimonial à l'hôtel de ville de Stanstead, rue Dufferin.



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