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Matthew Farfan
Toute personne
férue d'histoire et d'une riche architecture adorera Stanstead.
Située à la frontière des États-Unis,
face à Derby Line au Vermont, la ville de Stanstead fut créée
en 1995 suite à l'union des "Trois Villages" de
Stanstead Plain, Rock Island et Beebe-Plain.
Stanstead s'avère l'une des villes les plus intéressantes
des Cantons-de-l'Est. Fondée par des pionniers en provenance
de la Nouvelle-Angleterre dans les années 1790, Stanstead
grandit en importance pour devenir le dernier arrêt sur sol
canadien de la diligence reliant Québec à Boston.
Maison Colby. Stanstead Plain, v. 1910.
(Photo : Collection Farfan)
Avec les années, la ville devint le noyau d'une société
distinguée et le lieu de résidence de familles bien
nanties. La banque, le Conseil de comté, l'éducation,
le chemin de fer, les manufactures et l'industrie du granit (encore
l'employeur le plus important) ont tous contribué de façon
significative au développement de Stanstead. Grâce
à son passé coloré, Stanstead peut s'enorgueillir
de nombreuses résidences et établissements patrimoniaux.
La rue Dufferin à Stanstead Plain a déjà reçu
le titre de "musée en plein air." Des maisons magnifiques
bordent cette rue et témoignent des racines en Nouvelle-Angleterre
des fondateurs de la ville. Carrollcroft (1859), anciennement résidence
de Charles Colby, abrite maintenant le Musée Colby-Curtis.
Charles Colby était ministre dans le cabinet de Sir John
A. Macdonald, premier Premier ministre du Canada.
La maison Butters (1866), la maison Amsden (1846), le magasin Wilder
Pierce (devenu le Bureau des douanes par la suite) (1813) et plusieurs
autres sites offrent un circuit des plus intéressants. Également
le long de la rue Dufferin se trouvent de nombreuses églises
: Sacré-Cur (1917), Christ Church (1858) et Centenary
(1866). La loge maçonnique Golden Rule (1860) est
l'une des plus anciennes au Québec. Autres édifices
remarquables : le Stanstead College (1873), le Collège des
Ursulines (1881) et l'ancien bureau de poste de Stanstead Plain
(1935) à façade en granit, depuis transformé
en café.
À
droit : La Eastern Townships Bank, 1904. (Photo : Collection Farfan)
À Rock
Island, les visiteurs devraient prendre le temps d'admirer les chutes
de la rivière Tomifobia.
Elles sont particulièrement impressionnantes au printemps.
Le centre-ville de Rock Island a conservé maints témoins
de l'histoire architecturale, y compris l'ancienne Eastern Townships
Bank (1904) aux superbes colonnes en granit et à la façade
classique. À proximité immédiate, les anciennes
Douanes (1929) abritent aujourd'hui un restaurant; l'ancienne Southern
Canada Power Company (1930) accueille maintenant une succursale
de la Société des alcools.
Douanes. Rock Island, v. 1950.
(Photo : Collection Farfan)
De l'autre côté de la passerelle se dessine la tour
de l'horloge de l'ancien bureau de poste Rock Island (1912), aujourd'hui
le Bureau de développement de Stanstead.
Rock Island
comporte deux églises, une, moderne, Notre-Dame, qui a conservé
son clocher datant de 1916 et l'autre, néogothique, Stanstead
South United (1876). "Lee Farm," sur le boulevard Notre-Dame,
date de 1810 et servit de résidence à Lady Henrietta
Banting dont l'époux, Sir Frederick Banting, a obtenu le
prix Nobel en 1923 pour sa découverte de l'insuline. Rock
Island comporte trop de magnifiques maisons pour toutes les nommer
ici. Mais puisque c'est une ville frontalière, toute visite
devrait comprendre un coup d'il à certains des édifices
"internationaux," construits à cheval sur la frontière
du Canada et des États-Unis. Le plus connu reste la Bibliothèque
et Opéra Haskell.
À droit : Ancien bureau de poste. Rock Island.
(Photo : Matthew Farfan)
Achevé en grandes pompes en 1904, il est classé site
historique international et attire des visiteurs de partout dans
le monde. Citée dans le livre de Ripley "Believe It
Or Not," c'est la seule bibliothèque et
salle d'opéra chevauchant une frontière internationale.
L'entrée, le bureau de prêts et la majorité
des 400 sièges de la salle d'opéra se trouvent aux
États-Unis, alors que les livres de la bibliothèque
et la scène de la salle d'opéra se trouvent au Canada.
Chaque été, l'Opéra Haskell présente
toute une série de concerts et de pièces de théâtre.
Les visiteurs n'ont pas besoin de se déclarer aux bureaux
douaniers mais pourront remarquer la borne frontalière en
granit sur le coin de l'édifice.
Scène, Bibliothèque et Opéra
Haskell.
(Photo : Don Whipple)
La rue Railroad
serpente à travers Rock Island en direction de Beebe, le
troisième des anciens "Trois Villages" qui forment
le Stanstead actuel. L'usine Butterfield, manufacture massive en
brique qui longe la route, fut construite directement sur la frontière,
tout comme la Bibliothèque et Opéra Haskell. Les employés
provenaient du Canada ainsi que des États-Unis. Tout près,
se trouve le quartier "Petite Tokyo" ainsi surnommé
encore par plusieurs résidents; "Tokyo" avait été
conçue comme zone d'habitation pour les travailleurs des
manufactures locales. Ici, les maisons sont minuscules et serrées
les unes contre les autres comme dans une grande ville.
Lorsque
la rue Railroad devient la rue Canusa, les visiteurs se trouvent
à Beebe-Plain. Canusa constitue une autre curiosité
locale. De fait, la rue se trouve coupée en deux par la frontière.
Les maisons sur un côté se trouvent aux États-Unis
alors que celles de l'autre côté se trouvent au Canada
- d'où son nom C-A-N-U-S-A.
Rue Canusa. Beebe.
(Photo : Matthew Farfan)
Au bout de la
rue Canusa, se trouvent les douanes du Canada et des États-Unis.
Immédiatement en face, se trouve un édifice massif
en granit, lui aussi coupé en deux par la frontière.
Magasin construit dans les années 1820, ce bâtiment
a, pendant un certain temps, abrité le seul bureau de poste
international au monde. Il comptait un seul maître de poste
mais deux portes et deux comptoirs postaux : chacun desservait les
clients d'un pays différent. À côté,
la maison en brique rouge (v. 1820) a déjà été
la résidence de Horace Stewart, l'un des plus riches marchands
en ville.
La
pittoresque rue Principale à Beebe a su conserver son charme
villageois. Comme à Stanstead-Plain et Rock Island, Beebe
présente sa part d'architecture patrimoniale. La Banque de
Commerce, anciennement Eastern Townships Bank (1909) a déjà
logé une académie. À côté, construite
en angle avec la rue, se trouve l'ancienne gare du Massawippi Valley
Railway (v. 1870), aujourd'hui une résidence privée.
À droit : Ancien bureau de poste double. Beebe,
v. 1904. (Photo : Collection Farfan)
Parmi les autres édifices dignes de mention, citons les églises
: Advent Christian (1866), Wesley United (1891) et l'église
catholique Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus
(1929). L'ancienne Baptist Church (1882) a été convertie
en résidence privée. Également à Beebe,
se trouve le camp de l'Advent Christian, ancien lieu de prédication
mais aussi celui d'un camp biblique depuis 1874. Les maisonnettes
sont vieillottes mais plusieurs sont d'origine.
On peut trouver
une carte détaillée du circuit patrimonial à
l'hôtel de ville de Stanstead, rue Dufferin.

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