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Sarge
Bampton*
Coprésident,
Home Children Canada, Secteur Québec
"Entre 1869 et 1948, plus de 100 000 enfants sont venus de
Grande-Bretagne pour travailler sur des fermes situées dans
des régions rurales en plein essor partout au Canada. Administré
par des groupes reconnus par le gouvernement britannique, le programme
était le fruit de bonnes intentions dont la promesse d'une
vie meilleure, mais ses résultats furent souvent tragiques
En période
de crise économique [en Grande-Bretagne], de nombreux parents
confient leurs enfants aux soins de sociétés de bienfaisance
en attendant que leurs conditions s'améliorent. Malheureusement,
ces sociétés considèrent l'émigration
des enfants comme une solution à la pauvreté et au
surpeuplement des villes britanniques. C'est ainsi que les enfants
sont souvent envoyés à l'étranger sans le consentement
de leurs parents et que bien des parents n'ont jamais su que leurs
enfants avaient émigré. D'autres n'en ont été
informés par écrit qu'après le départ
du bateau qui emportait leurs enfants.
Au cours de
ces années, il y a un manque de main-d'oeuvre agricole au
Canada
Dans les jours ou les semaines qui suivent leur arrivée
au Canada, les enfants sont placés sur des fermes où
ils doivent travailler en échange du vivre et du couvert
Nous savons très bien aujourd'hui que bon nombre de ces enfants
ont été maltraités, négligés
et surchargés. Bon nombre d'enfants des hospices toujours
vivants portent encore des traces affectives de l'émigration
forcée et de la séparation de leur famille qu'ils
ont connues en bas âge.
La plupart des
enfants ne sont jamais retournés chez eux, auprès
des leurs
Aujourd'hui, plus de quatre millions de personnes
descendent directement des 100 000 enfants des hospices qui ont
débarqué sur les rives de notre pays."
Centre
canadien Home Children
Charlie
Best, lui-même un Home Boy, a décrit les Home
Children comme "des enfants dont personne ne voulait."
L'Angleterre
avait été impliquée dans plusieurs guerres.
Ces dernières avaient laissé de nombreuses veuves
sans moyens pour faire vivre leur large famille. Les veuves ne recevaient
pas de pension ni aucun chèque d'assistance sociale à
cette époque. Plusieurs femmes mouraient en couches. Alors,
que faire des enfants? L'Angleterre exporta le problème outre-mer
- surtout au Canada et en Australie -où des enfants furent
placés sur des fermes.
Les Home Children. (Photo : Home Children
Canada)
100 000 de ces
enfants vinrent ainsi au Canada, nombre faramineux par rapport à
la population du Canada à ce moment - seulement 3,6 millions
en 1870. De ce nombre, près de 7 000 arrivèrent dans
les Cantons-de-l'Est où deux crèches les ont reçus.
La Gibbs Home à Sherbrooke recueillit 2 064 enfants
de 1886 à 1939, alors que la Knowlton Distributing Home
recueillit 4 858 garçons et filles de 1872 à 1912.
Puis,
il y eut les enfants catholiques transférés de l'Ontario
à des familles catholiques dans la province de Québec.
Imaginez-vous à huit ou neuf ans, arraché à
votre maison et famille, embarqué sur un navire, amené
outre-mer loin de votre pays, mis à bord d'un train, placé
dans une crèche et enfin envoyé dans une famille qui
ne parle pas votre langue!
La Gibbs Home. (Photo : Sarge & Pauline
Bampton)
Mon nom est
Sarge Bampton. Je suis le fils de deux Home Children. Mon
père, Joseph Albert, est né en 1887. Dix-huit mois
après sa naissance, sa mère est décédée
en donnant naissance à sa sur. Son père l'envoya
vivre avec des proches qui décédèrent quelques
années plus tard. Alors Joseph Albert fut placé dans
un orphelinat et finalement envoyé au Canada en 1900 sur
le S.S. Parisian. Au Canada, il fut envoyé à la Knowlton
Distributing Home et de là à Wilson's Mills, sur
une ferme. Ma mère, Mary Jane Windle, perdit aussi sa mère.
Son frère, qui avait été envoyé ici
quelques années auparavant, écrivit en Angleterre
et suggéra qu'elle vienne également au Canada. Mary
Jane arriva par le S.S. Corsican en 1908. La Knowlton Distributing
Home lui trouva une place de domestique. Elle avait treize ans.
En 1912,
Joe et Mary se marièrent. Ils eurent quatre enfants; je suis
le plus jeune.
Papa était des plus heureux lorsqu'un enfant naissait dans
la famille. Il chérissait ses enfants et petits-enfants.
Il a même vécu assez longtemps pour voir un petit-petit
enfant! Maman tricotait des vêtements d'enfant et confectionnait
une courtepointe pour chaque enfant qui naissait. Elle était
la plus heureuse lorsque nous nous rassemblions tous pour Noël
ou lors d'autres fêtes. Maman et papa s'assuraient que nous
menions une belle vie familiale - ce dont ils avaient manqué
lorsqu'ils étaient enfants.
Épinglette Home Children. (Photo :
Sarge & Pauline Bampton)
* Sarge Bampton
et son épouse Pauline sont coprésidents du Home Children
Canada, Secteur Québec. La mission du Home Children Canada
se définit comme suit : aider les enfants de Home Children
et leurs descendants à découvrir leur passé;
raconter l'histoire des Home Children à autant de
gens que possible; et, ce faisant, effacer les stigmates injustement
associés aux Home Children; et remplacer ce stigmate
qui a entraîné une telle honte silencieuse par une
fierté légitime. On peut joindre les Bampton à
ecbpfb-homechild-que@sympatico.ca.
Autres sites Web d'intérèt aux Home Children ou
leurs descendants :
http://www.homechildren.ca/
http://www3.telus.net/Home_Children_Canada/
http://charsnow.tripod.com/one.html
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